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Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus -
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Serge Z.
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MessagePosté le: Jeu 1 Déc 2011 - 14:51    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

L'Abhidharmakosha de Vasubandhu traduit par Louis de la Vallée Poussin a été publié en 1923. Depuis 1993 il est tombé dans le domaine public. Je me propose donc d'en publier ici de larges extraits ...
________________________________________
La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

- Les six vers de vajra -


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MessagePosté le: Jeu 1 Déc 2011 - 14:51    Sujet du message: Publicité

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Serge Z.
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MessagePosté le: Jeu 1 Déc 2011 - 15:07    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

CHAPITRE PREMIER

Les Dhâtus


OM Hommage au Bouddha.

1. Il a, de manière absolue, détruit tous les aveuglements ; il a sorti le monde de la bourbe de la transmigration :
Je lui rend hommage, à ce maître de la vérité, avant de composer le traité appelé Abhidharmakosha.

Désireux de composer un traité, avec l'intention de faire connaître la grandeur de ce maître, l'auteur entreprend de lui rendre hommage et de présenter d'abord ses qualités.

"Il" fait référence au Bouddha, le Bienheureux.

"Il a détruit tous les aveuglements", c'est à dire, par lui ou grâce à lui l'aveuglement, en regard de toutes choses, est détruit.

'L'aveuglement" est l'ignorance, parce que l'ignorance entrave la vision des choses telles qu'elles sont vraiment.

Par ceci, le Bouddha le Bienheureux est nommé justement, parce que lui seul, grâce à la possession de l'antidote à l'ignorance, a définitivement détruit toutes ignorances concernant toutes les choses connues, de telle sorte qu'elle ne puisse réapparaître.

Mais les Pratyekabouddhas et les Sravakas ont aussi détruit tous les aveuglements, parce qu'ils sont libérés de toute ignorance maculées par les souillures.

Mais ils ne connaissent pas les qualités propre au Bouddha, les objets très distants dans l'espace et le temps, ni l'infinie complexité des choses ; ainsi ils n'ont pas détruit l'aveuglement de manière définitive, parce que l'ignorance libérée des souillures est active en eux.

Ayant ainsi porté des louanges au Bienheureux du point de vue des qualités qui lui sont utiles, l'auteur porte des louanges du point de vue des qualités utiles aux autres :
"Il a sorti le monde de la bourbe de la de la transmigration". La transmigration est de la bourbe, parce que le monde est prisonnier à l'intérieur, et parce qu'il est difficile de traverser. Le Bienheureux, ayant pitié du monde qui se retrouve piégé sans recours dans cette bourbe, l'en a extrait, autant qu'il soit possible, en tendant la main de l'enseignement de la Bonne Loi à tous.

"Je rends hommage", en me prosternant au plus bas "devant ce maître de la vérité", parce qu'il enseigne en conformité avec ce qui est, sans erreur. En qualifiant ainsi le Bienheureux, l'auteur indique de quelle façon le maître est utile aux autres.
C'est par l'enseignement véritable que le Bienheureux, le maître, a extrait le monde de la bourbe de la transmigration, pas par ses pouvoirs surnaturels ni par le don de faveurs.

Après avoir rendu hommage à ce maître de la vérité, que fera l'auteur ?
"Je composerai un traité". Un traité est ce qui instruit les disciples. Quel traité ?

L'Abhidharmakosa.
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MessagePosté le: Sam 3 Déc 2011 - 14:27    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Qu'est-ce que l'Abhidharma ?

2a. L'abhidharma est la pure prajna et ce qui suit.

La prajna décrite ci-dessous est le discernement des dharmas.
La pure prajna est la prajna sans tache.
Le "ce qui suit" de la prajna est son escorte, nommément les cinq purs skandhas qui coexistent avec la prajna.
Ainsi est le sens absolu d'Abhidharma.

2b. C'est aussi la prajna et le traité qui amène l'obtention de la prajna pure.

Dans l'usage commun, le mot Abhidharma désigne aussi toutes les prajna qui amènent, dans le sens absolu du mot, l'obtention de l'Abhidharma ;
La prajna corrompue, qu'elle soit innée ou naturelle, ou bien le résultat d'un effort, le résultat de l'écoute, la réflexion, l'absorption (srutacintabhavana-mayi) reçoit, par convention, avec sa suite, le nom d'Abhidharma.
On donne aussi le nom d'Abhidharma au traité, parce que le traité amène aussi l'obtention de la prajna pure :
Ainsi, c'est un facteur de l'Abhidharma au sens absolu du terme.
Le dharma est ce qui apporte (dharana) les caractéristiques propres (ou uniques).
L'Abhidharma est appelé abhi-dharma parce qu'il imagine (abhimukha) le dharma qui est l'objet du savoir suprême, ou le dharma suprême, le nirvana ;
Ou mieux, il est appelé ainsi parce qu'il imagine les caractéristiques des dharmas, à la fois leurs caractéristiques propres et leurs caractéristiques communes (générales).
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MessagePosté le: Dim 4 Déc 2011 - 14:30    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Pourquoi le présent ouvrage est-il appelé Abhidharmakosha ?

2c-d. Le présent ouvrage est appelé Abhidharmakosha parce que l'ABhidharma y pénètre grâce à son sens ou parce que l'Abidharma consitue sa fondation.

Le traité qui porte le nom d'Abhidharma pénètre par son sens dans cet ouvrage, qui devient ainsi l'Abhidharmakosha, "la gaine de l'Abhidharma". Ou encore, comme l'Abhidharma est le point de support de cet ouvrage, on peut dire que cet ouvrage est dégainé de l'Abhidharma, comme d'une gaine (un fourreau) ; il est ainsi appelé l'Abhidharmakosha, "l'ouvrage qui possède l'Abidharma pour fourreau".
Pourquoi l'Abhidharma fut-il enseigné ?
Par qui l'Abidharma fuit il enseigné à l'origine ?
La réponse à ces deux questions nous dira pourquoi l'auteur entrepris pieusement l'écriture de l'Abhidharmakosha.

3. A part le discernement des dharmas, il n'y a pas de sens à éteindre les souillures, et c'est à cause des souillures que le monde erre dans l'océan de l'existence.
Ainsi c'est en vue de ce discernement que l'Abhidharma a-t-il, disent ils, été dit [par le maître].

A part le discernement des dharmas, il n'existe aucun sens pour l'extinction des souillures, et c'est les souillures qui font que le monde erre dans le grand océan de la transmigration.
C'est pourquoi, disent les Vaibhashikas, en vue du discernement des dharmas, le maître, le Bouddha, le Bienheureux, enseigna l'Abhidharma. Parce que, sans l'enseignement de l'Abhidharma, un disciple serait incapable de discerner les dharmas.
Néanmoins, les Vaibhashikas expliquent que le Bienheureux enseigna l'Abhidharma par morceaux. Et de la même façon que les Sthavira Dharmatrata firent un recueil des Udanas éparpillés dans les écritures (le Udanavarga), de la même façon l'Arya Katyayaniputra et les autres Saints établirent l'Abhidharma [en le recueillant dans les Sept Abhidharma].
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MessagePosté le: Dim 4 Déc 2011 - 17:07    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Quels ont les dharmas pour lesquels l'Abhidharma enseigne le discernement ?

4a. Les dharmas sont impures, "en relation avec les souillures", ou pures, "sans relation avec les souillures".
C'est la totalité des enseignements de tous les dharmas.

Quels sont les dharmas impurs ?

4b-c. Les dharmas conditionnés, à l'exception de la Loi, sont impurs.

A l'exception de la Voie, tous les dharmas conditionnés sont souillés.

Pourquoi est-ce ainsi ?

4d. Ils sont impurs parce que les souillures collent à eux.

Sans doute certaines souillures, par exemple les vues erronées, peuvent avoir la Voie ou les dharmas inconditionnés pour objet.
Cela ne rend pas la Voie ou ses dharmas impurs, ou dans une relation obligatoire avec les souillures, parce que les souillures ne collent pas à eux. Ce point sera expliqué plus loin, au chapitre V.

Quels sont les dharmas purs ?

5a-b. La vérité non corrompue de la Voie et des trois choses inconditionnées sont pures.

Quelles sont les trois chose inconditionnées ?

5c. L'espace et les deux types d'extinction.

Les deux extinctions sont pratisamkhyanirodha, l'extinction due au savoir, et apratisamkhyanirodha, l'extinction qui n'est pas due au savoir.
Les trois choses inconditionnées et la vérité de la Voie sont des dharmas purs parce que les souillures n'y collent pas.

5d. L'espace est "ce qui n'entrave pas".

L'espace a pour nature de ne pas entraver la matière qui, en fait, s'installe librement dans l'espace ; et aussi de ne pas être entravée par la matière, parce que l'espace n'est pas déplacée par la matière.

6a. Pratisamkhyanirodha est la disjonction.

La disjonction (consciente) des dharmas impurs est pratisamkhyanirodha [ou nirvana]. Pratisamkhydna ou pratisamkhya signifie une certaine prajna pure, la compréhension des Vérités. "L'extinction" de ce que l'on prend possession par cette prajna est appelé pratisamkhyanirodha, on pourrait parler de pratisamkhya-[prapya]-nirodha, "l'extinction obtenue grâce à pratisamkhya", mais le mot du milieu (prapya) est élidé, comme dans l'expression "char à bœufs", et pas "char attaché à des bœufs" (goratha = go-[yukta]-ratha).
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MessagePosté le: Dim 4 Déc 2011 - 18:53    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

N'existe-t-il qu'une unique pratisamkhyanirodha de tous les dharmas impurs ?

Non.
Pourquoi est-ce ainsi ?

6b. Chaque [disjonction se produit] séparément.

Chaque disjonction prise séparément est pratisamkhyanirodha. Les objets de "disjonction" sont aussi nombreux que les objets de "jonction". S'il en était autrement, si pratisamkhyanirodha était unique, alors une personne qui aurait expérimenté l'extinction des souillures qui sont abandonnées en voyant la Vérité de la Souffrance, aurait obtenu en même temps l'extinction des souillures qui sont abandonnées par la vue des autres Vérités et par la méditation. Il serait inutile pour elle de cultiver la partie dela Voie qui est opposée à ces souillures.
Cela ne signifie pas que toutes les extinctions sont identiques, qu'il n'existe pas une extinction correspondant à une autre extinction. Cela signifie que l'extinction n'a pas une "cause correspondant à son effet (sabhagahetu)" et que ce n'est pas une "cause correspondant à son effet".

6c-d. Une autre sorte d'extinction qui consiste en l'impossibilté absolue de l'apparition, est appelée apratisamkhyanirodha.

Apratisarhkhyanirodha est une extinction qui est différente de la "disjonction" ; elle consiste en l'impossibilité absolue de l'apparition des dharmas futurs. Elle est appelée ainsi parce qu'elle est obtenue, non pas par la compréhension des Vérités, mais par l'insuffisance de causes d'apparition.
Par exemple, quand l'organe de la vue et l'organe mental sont occupés avec une certaine matière visible, les autres matières, sons, odeurs, goûts et tangibles visibles, passent du présent au passé. Il s'en suit que les consciences des cinq sens, la conscience visuelle, etc., qui ont eu pour objets d'autres matières, sons, odeurs, goûts et tangibles visibles, ne peuvent apparaître, parce que les consciences des sens ne sont pas capables d'attraper leurs objets lorsque l'objet est passé. Il y a ainsi une impossibilté absolue de l'apparition de la dite conscience, à cause de l'insuffisance de cause d'apparition.

Nous avons ici une alternative quadruple :

1. Seulement pratisamkhyanirodha des dharmas impurs, passés, présents et destinés à apparaître ;
2. Seulement apratisamkhydnirodha des dharmas purs et conditionnés, non destinés à apparaître ;
3. pratisamkhyanirodha et apratisamkhyanirodha des dharmas impurs, non destinés à apparaître ; et
4. ni pratisamkhyanirodha ni apratisamkhyanirodha des dharmas purs, passés, présents ou destinés à apparaître.
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MessagePosté le: Dim 4 Déc 2011 - 19:18    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Citation:
Commentaire :

L'Abidharmakosha est un texte excessivement important dans l'étude du dharma, et surtout dans la compréhension de notre univers et de tous les phénomènes qui s'y produisent, y compris nous. A ce titre, il pourrait être intéressant, au pas à pas, de commenter/discuter/éclaircir certains points ... alors ne ratez pas cette occasion unique.

Sönam

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MessagePosté le: Lun 5 Déc 2011 - 11:15    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Nous avons dit que les dharmas impurs sont les dharmas conditionnés, moins la Voie.
Quels sont les dharmas conditionnés ?

7a-b. Les choses conditionnées sont les quintuples skandhas, la matière, etc.

Ce sont les agrégats de la matière, les agrégats des sensations, les agrégats des pensées, les agrégats des formations mentales et les agrégats de la conscience.
Samkrita, conditionné, est expliqué étymologiquement comme "ce qui a été créé (krita) par des causes en union et combinaison".
Il n'y a pas de dharma qui soit engendré par une cause unique.
Bien que l'expression samskrita signifie "ce qui a été créé...", cela s'applique aussi aux futurs et présents dharmas, aussi bien qu'aux dharmas passés ; en fait, un dharma ne change pas sa nature en changeant sa période dans le temps.
De la même façon, on appelle lait dans le pis dugdha, "ce qui a été tiré" et petit bois indhana, ou "bois à bruler".

7c-d. Les choses conditionnées sont les voies ; ce sont les fondations du discours ; elles "contiennent l'adieu" : elles "contiennent les causes".

1. Les choses conditionnées sont les voies - c'est à dire, les périodes de temps, le passé, le présent et le futur - parce qu'elles ont dans leur nature, partaient, partent, partiront. De la même façon, on dit qu'une voie conduit quelque part, qu'elle va, ou qu'elle ira à la ville.
Ou bien, les choses conditionnées sont appelées voies (adhvan) parce qu'elles sont dévorées (adhyante) par l'impermanence.

2. Discours (katha) signifie mots, ou parole (vakya) ; le discours possède des noms ou des mots (naman) à la base.
Doit-on prendre littéralement la définition donnée par les strophes et dire que les choses conditionnées sont des mots ?
Non. Par "bases du discours" on doit comprendre "les bases du discours, c'est à dire, les mots, avec ce que signifie les mots". Si nous comprenons "bases du discours" comme n'étant que les mots, nous diffèrerions de ce que dit le Prakaranapada :
"Les kathavastus, les bases du discours, sont comprises dans les dix-huit dhatus".

3. Nihsara signifie "l'adieu" (sara = nihsarana) qui est le Nirvana de toutes les choses conditionnées. Comme on doit se séparer des choses conditionnées, on les qualifie de "contenant l'adieu".

4. Les choses conditionnées sont dépendantes de causes ; elles sont ainsi qualifiées de savastuka, c'est à dire "possédant des causes".
Les Vaibhashikas croient que, selon l'expression savastuka, vastu signifie cause (hetu)
Ce sont les divers synonymes de "choses conditionnées".
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MessagePosté le: Lun 5 Déc 2011 - 11:31    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

8a-b. Lorsqu'elles sont impures, elles sont upadanaskandhas.
Les choses conditionnées impures constituent les cinq upadanaskandhas.
Tout ce qui est upadanaskandhas est skandha ; les choses pures conditionnées sont comprises dans les skandhas, mais ne sont pas comprises dans les upadanaskandhas.

Les upadanas sont des souillures (kleshas).
Les upadanaskandhas sont appelées ainsi (1) parce qu'elles proviennent des souillures, comme on dit "feu d'herbe" ou "feu de paille" ; (2) ou aussi parce qu'elles sont gouvernée par les souillures, comme on dit "l'envoyé du roi" ; (3) ou aussi parce qu'elles donnent naissance aux souillures, comme on dit "arbre porteur de fleurs" ou "arbre porteur de fruits".

8c. Elles sont appelées "batailleuses".

Les souillures sont "batailleuses" parce qu'elles nous blessent ainsi que les autres.
Les choses conditionnées impures sont qualifiées de "batailleuses", "dans une disposition de bataille", parce que les souillures batailleuses collent à elles.
De la même façon, comme nous l'avons vu, elles sont qualifiées "d'impures", "possédant l'impureté", parce que les souillures collent à elles.

8c-d. Elles sont aussi la souffrance, l'apparition, le monde, le lieu de fausses opinions, l'existence.
1. La souffrance, parce qu'elles sont odieuses pour les Saints.
2. L'apparition, parce que la souffrance apparaît d'elles
3. Le monde, parce qu'elles sont dans un processus de décomposition
4. Le lieu de fausses opinions, parce que les cinq opinions résident en elles et collent à elles (prakarana).
5. L'existence, parce qu'elles existent.
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MessagePosté le: Mar 6 Déc 2011 - 10:57    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Nous avons vu qu'il y a cinq skandhas. Etudions d'abord rupaskandha.

9a-b. Rupa, ou la matière, est les cinq organes des sens, les cinq objets et avijnapti.

Les cinq organes sont les organes de la vue, de l'ouïe, de l'odeur, du goût et du toucher.
Les cinq objets des cinq organes sont la matière visible, les sons, les odeurs, les goûts et ce qui est tangible.
Et avijnapti ; ainsi est rupaskandha.


****



Nous avons énuméré cinq choses, la matière visible, le son, etc.

9c-d. Les points de support des consciences de ces choses, nommément les éléments matériels subtiles, sont les cinq organes, l'organe de la vue, etc.

Les cinq qui sont le point de support des consciences de la matière visible, du son, de l'odeur, du goût et de ce qui est tangible, et qui consiste en les éléments de la matière subtile suprasensible, sont, dans l'ordre, les organes de la vue, de l'audition, de l'odeur, du goût et du toucher.
Le Bienheureux a dit en fait, "L'œil, Oh Bikshus, un ayatana interne, une matière subtile dérivée des éléments premiers ..."
Ou encore, (le point de support des consciences de ces organes, sont) les points de support de la conscience visuelle, ou la conscience de l'œil, etc.
Cette interprétation est en conformité avec la Prakarana qui dit : "Quel est l'organe de la vue ? C'est la matière subtile qui est le support de la conscience de la vue".
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MessagePosté le: Mar 6 Déc 2011 - 11:25    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Examinons maintenant les cinq objets, à commencer par la matière visible, rupayatana.

10a. La matière visible est de deux sortes.

1. La matière visible est la couleur et la forme.
La couleur est quadruple : bleue, rouge, jaune et blanche ; les autres couleurs découlent de ces quatre couleurs.
La forme (samsthana) est octuple : long, court, carré, rond, haut, bas, régulière et irrégulière.

10a. ou de vingt sortes

2. Ou il y a vingt types : les quatre couleurs de base, les huit formes et huit couleurs supplémentaires : embuée, enfumée, poussiéreuse, brumeuse, ombrée, luminosité brillante, lumineuse, noirceur. Certains fabriquent de la couleur du firmament [qui apparaît comme un mur de lapiz-lazuli] ; ce qui nous donnerait une quantité de vingt-et-un.

"Régulier" signifie "de forme régulière" ; "irrégulier" est l'opposé ; embué est la vapeur qui s'élève du sol et de l'eau ; "luminosité brillante" est la lumière du soleil ; "lumineuse" est la lumière de la lune, des étoiles, du feu, des herbes et graines ; "ombrée" - apparaissant d'un obstacle à la lumière - est lorsque les formes restent visibles ; ""noirceur" est l'opposé.
Les autres termes n'ont pas besoin d'explications.

3. La matière visible peut être colorée sans forme : bleu, rouge, jaune, blanc, ombrée, luminosité brillante, lumineux, noirceur.
Il peut y avoir des formes sans couleur. : la partie du long, du court, etc., qui constituent les actions corporelles (kayavijnapti).
Il peut y avoir les couleur et les formes en même temps : toutes les autres catégories de la matière visible.

Quelques autres maîtres prétendent que seulement la luminosité brillante et la lumière sont exclusivement des couleurs ; parce que le bleu, le rouge, etc. se présentent à la vue sous l'aspect du long, du court, etc.
Parce que la couleur et la forme sont perçues en une seule substance. La racine, vid, a ici le sens de "savoir", et pas le sens de "exister".
Mais, répliquent les Sautantrikas, vous devez admettre que les actions corporelles sont dans le même temps la couleur et la forme.
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MessagePosté le: Ven 9 Déc 2011 - 13:56    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

10b. Le son est octuple.

1. Il est quadruple : ayant pour cause présente les éléments primaires formant une part des organes, ayant pour cause les autres éléments primaires (upattanupattamahabhutahetuka), appartenant aux êtres vivants et n'appartenant pas aux êtres vivants.
Chacune de ces quatre catégories est agréable ou désagréable.

La première catégorie : le son causé par la main ou par la voix
La deuxième catégorie : le son du vent, des arbres, de l'eau.
La troisième catégorie : le son de l'action vocale.
La quatrième catégorie : tous les autres sons.

2. D'après les autres maîtres, un son peut appartenir aux deux première catégories en même temps, par exemple le son de la rencontre entre une main et un tambour. Mais l'école (vibhasa) n'admet pas qu'un atome [de matière] a pour cause deux tétrades des éléments premiers ; ainsi on peut admettre qu'un atome [de son] est produit par les quatre éléments primaires d'une main et les quatre éléments primaires d'un tambour.

10b-c. Le goût est de six types.
Doux, aigre, salé, âcre, amer et âpre.

10c. L'odeur est de quatre types.
Parce que les bonnes et les mauvaises odeurs sont soit excessives ou non excessives.
Mais d'après le Prakarana, l'odeur est en trois parties : bonne, mauvaise et neutre ou indifférente.

10d. Le tangible est de onze types.

1. Onze choses sont des choses tangibles : les quatre éléments primaires, la douceur, la dureté, la lourdeur, la légèreté, la froideur, affamé et assoiffé.

2. Les éléments seront expliqués plus loin.
"la douceur" est onctueuse ; "la dureté" est rugueuse ; "la lourdeur" est est ce par quoi les corps sont susceptibles d'être alourdis ; "la légèreté" est l'opposé ; "la froideur" est ce qui produit un désir de chaleur ; "affamé est ce qui produit un désir pour manger ; "assoiffé" est ce qui produit un désir pour boire. En fait le tangible qui produit la faim et la soif est désigné par le terme faim ; la cause est désignée par le nom de l'effet. De la même façon qu'il est dit "l'apparence du Bouddha est (la cause)du bonheur ; le bonheur ; l'enseignement de la religion est le bonheur ; le bonheur, l'harmonie des communautés ; le bonheur, l'austérité des moines qui sont en accord avec".

3. A la fois la faim et la soif sont absents de Rupadhatu. Mais on y trouve les autres tangibles.
Il est vrai que les habits des dieux de Rupadhatu, individuellement, ne pèsent pas ; mais ils pèsent tous ensemble..
Il est vrai que le froid ennuyeux est absent de Rupadhatu mais les froids bénéfiques et plaisants s'y trouvent : telle est l'opinion des Vaibhasikas. [c'est l'absorption dont jouissent les dieux, pas du froid].
Il est possible pour notre conscience visuelle de naître d'une chose unique, d'une catégorie unique de matière visible : lorsqu'une caractéristique de cette chose (bleue, etc.) est distinguée séparément. Dans d'autres cas, notre conscience est produite par de nombreuses choses : quand une telle distinction est manquante ; par exemple, quand on voit les multiples couleurs et formes qu'une armée ou une pile de joyaux présentent à distance et regroupées. La même remarque est applicable à la conscience auditive, la conscience olfactive, etc..
Mais notre conscience du toucher apparaît de seulement cinq choses au plus, les quatre éléments primaires et un autre des autres tangibles, doux, dur, etc. Telle est l'opinion de certains maîtres.
Mais, d'après une autre opinion, notre conscience du toucher peut apparaître de onze tangibles d'un coup et en même temps.
[Objection] D'après ce que vous dites, chacun des cinq consciences des sens tient compte d'une totalité, par exemple la conscience visuelle tient compte du bleu, rouge, etc. ; en conséquence, les consciences des sens ont "des caractéristiques générales pour leurs objets" et pas, comme les écritures nous l'enseignent, "des caractéristiques spécifiques" (svalaksana).
[Les Vaibhasikas répondent que les écritures] signifient par caractéristiques spécifiques, non pas les caractéristiques spécifiques des choses, mais les caractéristiques spécifiques d'un ayatana.
Quand les organes du toucher et du goût atteignent leurs objets en même temps, quelle conscience est la première à apparaître ?
Celle dont l'objet est le plus fort.? Mais si la force des objets est identique, la conscience du goût apparaît en premier, parce que le désir de nourriture domine.
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La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

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MessagePosté le: Sam 10 Déc 2011 - 11:06    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Nous avons expliqué les objets des cinq organes des consciences des sens, et comment ces objets sont perçus.
Examinons maintenant l'avijnapti, qui est la onzième catégorie de rupaskandha.

11. Il existe aussi une continuité en série chez quelqu'un dont l'esprit est distrait ou qui est sans esprit, pur ou impur, en dépendance avec les éléments primaires : cela s'appelle avijnapti.

"Quelqu'un dont l'esprit est distrait" est quelqu'un qui a un esprit différent de l'esprit qui provoque avijnapti, - par exemple, un mauvais esprit lorsque l'avijnapti a été provoquée par un bon esprit.
"Quelqu'un sans esprit" est quelqu'un qui est entré dans une des absorptions de non conscience appelée asamjnisamapatti [et nirodhasamapatti].
"Aussi chez quelqu'un ..." le mot "aussi" indique que l'avijnapti existe aussi chez une personne à l'esprit non distrait, et chez une personne qui n'est pas dans les deux absorptions.
"Une continuité en série" est un flux.
"Pur ou impur" signifie bon ou mauvais.
"en dépendance avec les éléments primaires :" afin de distinguer les séries d'avijnapti des séries de prapti. L'avijnapti dépend des éléments primaires, parce qu'ils sont sa cause génératrice.
"cela s'appelle avijnapti" indique la raison du nom avijnapti.
Cette continuité en série, alors qu'elle est par nature la matière et l'action, - comme vijnapti, l'action corporelle et vocale, - néanmoins ne fait rien pour informer un autre comme vijnapti le fait.
"est appelé", pour montrer que l'auteur exprime ici l'opinion des Vaibhasikas, et pas le sien.
En bref, avijnapi est une rupa, bonne ou mauvaise, qui vient de vijnapti ou par absorption.
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MessagePosté le: Dim 11 Déc 2011 - 11:03    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Quels sont les éléments primaires ?

12a-b. Les éléments primaires sont la substance élémentaire "terre" et les substances élémentaires "eau", "feu" et "vent".

Ce sont les quatre dhatus, appelés ainsi parce qu'ils portent leurs propres caractéristiques uniques, en même temps que matière dérivée ou secondaire.
Ils sont appelés "grand" (=primaire) parce qu'ils sont le point de support de toute la matière dérivée. Ou parce qu'ils sont regroupés à une large échelle dans la masse de la terre, de l'eau, du feu et du vent, ou leurs modes d'activité se manifestent ensemble.

Quelles activités établissent l'existence de ces dhatus, et qu'elle est leur nature ?

12c. Il est prouvé qu'ils existent par les actions de support, etc.

Les éléments terre, eau, feu et vent sont, dans cet ordre, prouvé exister par les actions de support, cohésion, vieillissement et expansion.
Expansion signifie croissance et déplacement. Ce sont les actions.

12d. Ce sont la solidité, l'humidité, la chaleur et le mouvement.

Quant à leurs nature, l'élément terre est la solidité, l'élément eau l'humidité, l'élément feu la chaleur et l'élément vent le mouvement.
Le mouvement est ce qui cause les séries d'états qui constituent un état de se reproduire dans différents endroits. ; de la même façon qu'on parle du mouvement d'une flamme.

Les Prakaranas et les Soutras disent :
"Qu'est ce que l'élément vent ?" C'est la légèreté ; Les Prakaranas disent aussi "La légèreté est un dérivé de rupa".
En conséquence, le dharma qui a pour nature le mouvement est l'élément vent. : sa nature (légèreté) se manifeste par l'acte de mouvement.

Qu'elle est la différence entre l'élément terre et la terre , etc. ?

13a. Dans l'usage commun, ce qui est désigné par le mot "terre" est la couleur et la forme.
C'est à dire, quand on voit la terre, on voit sa couleur et sa forme. Comme c'est le cas pour la terre.

13b. La même chose pour l'eau et le feu.
Dans l'usage commun, ce qu'on désigne par le mot eau ou feu est la couleur et la forme.

13c. Le vent est aussi l'élément vent.
Mais l'élément vent est simplement appelé "vent" dans le monde.

13d. Ou encore [color et forme]
Ce qui est appelé "vent" dans le monde est aussi l'élément vent ; en fait, on parle de "vent noir" ou "vent circulaire".
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MessagePosté le: Lun 12 Déc 2011 - 11:04    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Pourquoi tout ces dharmas, des visibles aux avijnapti, reçoivent le nom de rupa ? Pourquoi, ensemble, forment ils le rupaskandha ?

i. Le Bienheureux dit : "Parce que c'est interrompu sans arrêt, Oh Bhiksus, on les appelle rupa upadanaskandha. Par quoi est-ce interrompu ? C'est interrompu par le contact avec les mains".

"Etre interrompu" signifie "être endommagé" comme il est dit dans les strophes du Arthavargiya du Ksudrakagama (Atthakavagga) : "Si les plaisirs sont absents chez une personne qui les cherche ardemment, une telle personne est interrompue, comme une personne percèe par une flêche est interrompue".
Mais comment rupa est elle endommagée ?
En étant détériorée, en étant transformée.

[ii. Objections]

1. Si il en est ainsi, le rupa qui constitue un atome, un "monade", ne sera pas rupa, parce qu'un nomade, ni susceptible de détérioration ou de résistance, est libre de rupana.
Sans doute, un monade est dépourvu de rupana, mais un monade n'existe jamais dans un état isolé. ; dans l'état d'agglomération, étant un aggloméré, il est succeptible de détérioration et de résistance (vibhasa).

2. Les rupas du passé et du futur ne sont pas rupas, parce qu'on ne peut pas dire qu'il sont ainsi dans un état de résistance.
Sans doute, mais ils l'ont été, et seront dans cet état.
Qu'ils soient du passé ou du futur, ils sont de la même nature que la dhanna qui est maintenant en état de résistance. De la même façon, indhana n'est pas seulement (présentement) du petit bois, mais aussi un (futur) combustible.

3 L'Avijnapti n'est pas rupa, parce qu'il est dépourvu de résistance.
Sans doute, mais on peut justifier de la qualité de rupa attribuée à avijnapti :

a) Vijnapti, l'action du corps ou de la voix, à partir de quoi se produit avijnapti est rupa ; ainsi avijnapti est rupa, comme l'ombre bouge quand les arbres bougent.

Non? Parce que avijnapti n'est pas sujet à modification ; qui plus est, afin que la comparaison soit exacte, l'avijnapti doit périr quand le vijnapti périt, comme c'est le cas pour l'ombre et les arbres.

b) Seconde explication. Avijnapti est rupa, parce que les éléùments premiers, qui constituent son point de support, son rupa.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 21:50    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus -

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