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Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus -
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Serge Z.
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MessagePosté le: Jeu 15 Déc 2011 - 12:54    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

[Objection] D'après ce principe, les cinq consciences des sens serait rupa, parce que leur point de support (l'organe de la vue, etc.) est rupa.
Cette réponse n'est pas valide. Avijnapti existe en dépendance avec les éléments primaires, comme une ombre existe en dépendance avec un arbre, comme la brillance d'un joyau existe en dépendance avec un joyau. La conscience visuelle n'est pas dépendante d'un organe qui est seulement la cause de son apparition.

[Réponse] Que l'ombre, ou la brillance d'un joyau existe en dépendance à un arbre ou à un joyau, est une hypothèse non conforme avec les principes des Vaibhasikas [Vibhasa). Les Vaibhasikas prétendent que chacun des atomes de la couleur qui constitue l'ombre et la brillance, existe en dépendance d'une tétrade d'éléments primaires.
Et même si on suppose que "L'ombre est dépendante d'un arbre, parce que l'ombre est dépendante des éléments primaires qui lui sont propre, et que ceux-ci sont dépendants de l'arbre", - la comparaison entre l'ombre et avijnapti est inadmissible.
Les Vaibhasikas admettent que avijnapti ne se détruit pas quand les éléments primaires qui lui servent de point de support périssent. En conséquence, votre réfutation est sans valeur.

Mais, on dira, qu'on peut réfuter l'objection : "D'après ce principe, les consciences des cinq sens seraient rupa".
En fait, le support de la conscience visuelle est double : 1. l'organe de la vue, qui est dans un état "d'impact" qui est rupa, et 2. L'organe mental (manas) qui n'est pas rupa. Ainsi les mêmes ne soutiennent pas avijnapti dont le point de support est exclusivement rupa. Ainsi, du fait que avijnapti est appelé rupa parce que son point de support est rupa, on ne peut pas conclure que la conscience visuelle devrait être appelée rupa. C'est la raison pour laquelle la deuxième explication est la bonne.
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La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

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MessagePosté le: Jeu 15 Déc 2011 - 12:54    Sujet du message: Publicité

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Serge Z.
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MessagePosté le: Jeu 15 Déc 2011 - 12:59    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Les organes et les objets qui ont été définis en tant que rupaskandha,

14a-b. Les mêmes organes et objets sont vus en tant que dix ayatanas et dix dhatus.

Considérés comme ayatana, l'origine de l'esprit et des états mentaux, ils sont dix ayatanas : caksurayatana, rupayatana,. . . kayayatana, sprastavyayatana.
Considérés comme dhatu, un mien, ils sont dix dhatus : caksurdhatu, rupadhatu . . . kayadhatu, sprastavyadhatu
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Serge Z.
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MessagePosté le: Jeu 15 Déc 2011 - 17:14    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Nous avons expliqué rupaskandha et comment cela se réparti entre ayatanas et dhatus. Il nous faut maintenant expliquer les skandhas.

14c. La sensation est une impression pénible, etc.

Vedanaskandha est le triple mode des sentiments ou de l'expérience des sensations qui sont pénibles, plaisantes, ni pénibles ni plaisantes. On doit distinguer six classes de sensations : celles qui apparaissent du contact avec les cinq organes matériels, l'organe de la vue, etc., avec leur objet; et celles qui apparaissent du contact avec l'organe mental.

14c-d. Les idées consistent en l'attachement aux caractéristiques.

L'attachement de diverses natures -percevoir que ceci est bleu, jaune, long, court, masculin, féminin, ennemi, agréable, désagréable, etc. - est samjnaskandha.
On peut distinguer six types de samjna, en fonction des organes, comme pour la sensation.

15a-b. Les samkaraskandha sont les samskaras différents des quatre autres skandhas.

Les samskaras sont tout ce qui est conditionné (samskrta) ; mais le nom est réservé aux choses conditionnées qui ne sont pas comprises ni dans les skandhas de rupa, vedana ou samjna, expliquée ci-dessus, ni dasna skandha de vijnana expliquée ci-dessous.

Il est vrai que le Bienheureux dit dans les soutras, "Le samskaraskandha est les six classes de volitions", mais cette définition exclut des samskaraskandha 1.) tous les viprayuktasamskaras et 2.) les samprayuktasamskaras, à l'exception de la volition elle-même. Mais le soutra s'exprime ainsi à cause de l'importance capitale de la volition, qui, étant action de par sa nature, est par définition le facteur qui crée l'existence future. Ainsi le Bienheureux dit, "L'upadanaskandha appelée samskara est appelée ainsi parce qu'elle conditionne les choses conditionnées", c'est à dire, parce qu'elle crée et détermine les cinq skandhas de l'existence future.
Si on prend la définition des soutras littéralement, nous en arriverons à la conclusion que les dharmas mentaux, à l'exception de la volition, et tous les dharmas de la classe des viprayukta, ne font pas partie d'un quelconque skandha.
Ils ne feraient ainsi pas partie de la Vérité de la Souffrance et de l'apparition : on ne les connaîtrait même pas ni ne les abandonnerait. Maintenant le Bienheureux dit, "Si il existe un seul dharma qui ne soit ni connu et pénétré, je déclare qu'on ne pourra pas mettre fin à la souffrance." Et de nouveau "Si il existe un seul dharma qui ne soit abandonné ...". Ainsi la série des états mentaux et des viprayuktas est inclue dans le samskaraskandha.

15b-d. Ces trois slanshas, avec avijnapti et les choses non conditionnées, sont le dharmayatana, le dharmadhatu.

Vedanaskandha, samjnaskandha, samskaraskansha ainsi que avijna et les trois choses inconditionnées sont sept choses appelées dharmayatana ou dharmadhatu.
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Serge Z.
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MessagePosté le: Dim 20 Mar 2016 - 18:24    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Vedanaskandha, samjnaskandha, samskaraskandha plus avijnapti et les trois inconditionnés sont sept choses appelées dharmayatana ou dharmadhatu.

16a. La conscience est l'impression relative à chaque objet.

Vijnanaskandha est l'impression relative à chaque objet, "l'attachement brut" de chaque objet. Le vijnanaskandha c'est les six classes de conscience : visuel, auditive, olfactive, gustative, tactile et mentale.

Considérée en tant qu'ayatana,

16b. C'est le mana-ayatana, l'organe mental.

Considéré en tant que dhatu,

16c. c'est les sept dhatus.

Qu'elles sont ces sept ?

16d. Les six consciences et le manas.

C'est à dire : le dhatu de l'oeil ou conscience visuelle (caksurvijnanadhatu),
le dhatu de l'oreille ou conscience auditive (srotravijnanadhatu),
le dhatu du nez ou conscience olfactive (ghranavijnanadhatu),
le dhatu de la langue ou conscience du goût (jihvavijnanadhatu),
le dhatu du corps ou conscience du touché (kayavijnanadhatu),
le dhatu de l'esprit ou conscience mentale (manovijnanadhatu),
et le dhatu de l'esprit (manodhatu).

Nous avons vu qu'il y avait cinq skandhas, douze ayatanas et dix-huit dhatus.
1. Le rupaskandha c'est dix ayatanas, dix dhatus et l'avijnapti.
2. Le dharmayatana ou dharmadhatu c'est vedana, samjna et samskaraskandha, avijnapti et les choses inconditionnées.
3. La vijnanaskandha c'est le mana-ayatana, c'est sept dhatus, à savoir les six classes de conscience (vijnanakaya = vijnanadhatu) et l'organe mental, manodhatu ou manas.
Un manas ou manodhatu peut-il être distinct des six classes de conscience, distinct des consciences des sens et de la conscience mentale ?

Il n'y a pas de manas distinct des consciences.
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Dernière édition par Serge Z. le Dim 20 Mar 2016 - 19:02; édité 1 fois
Serge Z.
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MessagePosté le: Dim 20 Mar 2016 - 18:56    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

17a-b. Des six consciences, celle qui vient de passer c'est le manas.

Toute connaissance qui viennent de périr reçoit le nom de manodhatu. De même un homme est à la fois fils et père, le même élément végétal est à la fois fruit et graine.

[Objection] Six les six consciences qui font six dhatus constituent le manas et si le manas n'est rien d'autre que les six consciences, il y aurait alors soit dix-sept dhatus - en excluant le manas qui fait double emploi avec les six consciences - soit douze dhatus, en excluant les six consciences qui font double emploi avec le manas - en supposant bien entendu qui vous vouliez dénombrer des choses distinctes et pas seulement des désignations.

C'est vrai, mais

17c-d. On compte dix-huit dhatus avec pour but d'assigner un point d'appui à la sixième conscience.

Les six premières consciences ont pour point d'appui les cinq organes matériels de la vue, etc. La sixième conscience, la conscience mentale (manovijnanadhatu) n'a pas un tel appui. En conséquence, afin d'attribuer à cette conscience un point d'appui, on appelle manas ou manodhatu, ou encore mana-ayatana et mana-indriya, ce qui lui sert de point d'appui. C'est à dire une quelconque des six consciences. De la sorte il y a six points d'appui ou organes, six consciences qui s'appuient sur ces six points d'appui et six objets.

{objection] Si la conscience ou pensée est nommée manas lorsque, ayant péri, elle est le point d'appui d'une autre conscience, la dernière pensée d'un arhat ne sera pas manas, car elle n'est pas suivie d'une pensée dont elle serait la cause immédiatement antécédente et le point d'appui.
Cette dernière pensée à bien la nature de manas, la nature de point d'appui. Si elle n'est pas suivie d'une nouvelle pensée, à savoir la pensée de conception (pratisamadhivijnana) d'une nouvelle existence (punarbhava), cela ne tient pas à sa nature, cela résulte plutôt de l'absence des autres causes, actes et passions nécessaires à la production d'une nouvelle pensée.

Tous les dharmas conditionnés (samskrita) sont compris dans la totalité des skandhas, tous les dharmas impurs (sasrava) sont compris dans l'ensemble des upadanaskandhas et tous les dharmas sont compris dans la totalité des ayatanas et des dhatus. Mais plus brièvement.

18 a-b. Tous les dharmas sont compris dans un skandha, un ayatana, un dhatu.
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MessagePosté le: Lun 21 Mar 2016 - 19:56    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

Dans le rupaskandha, le manaayatana et le dharmadhatu.

18c. Un dharma est inclus dans sa nature propre

Pas dans une autre nature. Pourquoi cela ?

18d. Parce qu'il est distinct de la nature d'autrui.

Un dharma n'est pas inclus (samgrab) dans ce dont il est distinct. Par exemple, l'organe de la vue est inclus dans le rupaskandha, étant rupa par sa nature : dans le caksurayatana et dans le caksurdhatu, car il est le caksurayatana et le caksurdhatu; dans la vérité de la douleur et de l'origine, car il est douleur et origine; mais il n'est pas inclus dans les autres skandhas, ayatanas, etc., car il est distinct de par nature de ce qui n'est pas lui.

Sans doute les assemblées (parsad) sont conquises (samgrah) par le don et les autres samgrahavastus : il y a donc samgraha d'une chose par une chose différente d'elle.

Mais ce samgraha est occasionnel (kadacitka) et par conséquent, non pas réel, mais conventionnel (samketika).

Mais, dira-t-on, il y a deux organes de la vue, de l’ouïe, de l'odorat; par conséquent il faut compter ving-et-un dhatus.
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MessagePosté le: Mer 30 Mar 2016 - 12:32    Sujet du message: Abhidharmakosha de Vasubandhu - Les dhâtus - Répondre en citant

19a-c. Les organes de la vue, de l’ouïe et de l'odorat, bien que constitués de deux parties, ne forment, sous l'apparence d'une paire, qu'un dhatu, parce que leur nature, leur sphère d'activité et leur conscience sont communes.
Les deux organes de la vue on une communauté de nature, parce qu'elles sont, toutes les deux, l'organe de la vue ; une communauté de domaine car elles concernent, toutes les deux, le domaine du visible (rupadhatu) ; une communauté de conscience car elles sont, toutes les deux, le point d'appui de la connaissance visuelle (caksavrijnanadhatu). Par conséquent les deux organes de la vue ne font qu'un dhatu.

Il en est de même pour les organes de l’ouïe et de l'odorat.

19d. Elles sont doubles pour des raison d'esthétique.

Bien qu'elles ne forment qu'un dhatu, ces organes sont produits sous forme d'une paire, pour la beauté du corps. Avec seulement un œil, seulement une oreille ou seulement une narine, on serait très vilain.

Quel est les sens des termes skandha, ayatana et dhatu ?
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