Sangha Forum
SanghaForum est un lieu de rencontre et d'échange consacré au dharma de Bouddha Sakyamouni. Il est consacré à toutes les traditions bouddhistes dans l'esprit du mouvement Rimé. Bouddhistes ou non bouddhistes, il est ouvert à tout le monde ... dans le respect de chacun.
La vision du corps dans le bouddhisme

 
Nouveau   Répondre    SanghaForum Index du Forum -> Véhicules et traditions -> Général
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
arnosteo
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 7

MessagePosté le: Mar 3 Fév 2015 - 11:29    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

Bonsoir,

Je suis étudiant en 4ème année d’ostéopathie à IFOGA sur Avignon.
Afin de valider notre cursus, nous avons une épreuve clinique (une consultation avec un patient et un jury) et une épreuve théorique : le mémoire.

Je m’intéresse au bouddhisme depuis quelques années et ce serait pour moi une grande aide que d’avoir votre aide et/ou votre opinion sur un sujet qui peut être délicat selon les patients à qui l’on a à faire.

J’aimerais me pencher sur la vision qu’ont les différents courants de spiritualités sur les mains des soignants, des mains thérapeutiques. Le but final étant la prise en charge des patients de la manière la plus adéquate et la plus respectueuse possible compte tenu de leur spiritualité.

Et pour cela il me semble nécessaire de comprendre comment le corps est perçu dans le christianisme, l’islam, le judaïsme, le bouddhisme... C’est pourquoi je sollicite l’aide des représentants spirituels qui voudront bien m’apporter leurs connaissances sur le sujet.

Ultérieurement serait traitée la question de la douleur, de la pathologie et de sa prise en charge, toujours à travers le prisme de la spiritualité.

J’envisage ensuite de mettre en place un formulaire adressé aux patient(e)s pratiquant(e)s qui déterminerait :
- d’une part comment le ou la patiente pense que sa propre spiritualité envisage le corps,
- d’autre part comment il ou elle appréhende une séance avec son ou sa thérapeute.

Enfin, après ces différents éclairages, je tâcherais de mettre en lumière la façon la mieux adaptée, pour le thérapeute, d’aborder alors ses patients.

Je n’en suis qu’au début. Rien n’est donc figé pour l’instant.

Avant de pouvoir avancer plus concrètement, j’ai besoin de faire valider ce sujet par mes tuteurs.
Pour cela je souhaite leur présenter un synopsis de mémoire consistant et susceptible de provoquer un intérêt réel. J’aimerais donc dès à présent, si vous le souhaitez, que vous me donniez quelques éléments de réponses quant à la vision du corps selon vos enseignements.


Très sincèrement, arnaud.
Publicité






MessagePosté le: Mar 3 Fév 2015 - 11:29    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Ortho
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 06 Juil 2012
Messages: 212
Localisation: Paris

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 09:35    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

Bonjour,
C'est un sujet difficile. Déjà il faudrait être soignant comme dans le Bouddhisme Tibétain, au sein duquel la médecine est très développée et fait l'objet d'un cursus universitaire.Je crois que le nom des médecins au Népal, par exemple, est "AMCHI".

En cherchant sur Internet , vous devriez trouver.
Je sais que le Dalaï-lama a soutenu la création d'une Ecole de médecine Tibétaine par son propre médecin, Tebzin CHOEDRAK:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tenzin_Choedrak

http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_de_médecine_et_d'astrologie_tibétaine

En allant vers des centres du Bouddhisme Tibétain en France , vous devriez pouvoir rencontrer quelqu'un.

Il y a le Lama MOGCHOK Rimpoché, qui actuellement donne des initiations sur le Bouddha de Médecine: "Sangyé MENLA":

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bhaishajyaguru

Son site est celui-ci:

http://www.mogchok-rinpoche.fr/

Vous y trouverez les contacts des différentes associations , à travers la France , au sein desquelles , il donne ses enseignements.

Il est d'un contact très facile et très humain.
Cela sera un plus, si vous parlez Anglais.


Dans le Hatha Yoga, que je pratique depuis fort longtemps, il y a la médecine Ayurvédique.Mais cela aussi est très profond, et je ne saurais que vous dire, que la maladie, est dûe, disent-ils au déséquilibre des trois humeurs entre elles :
"Vata, Pita, Kapha".
Elles sont reliées au systèmes des trois "Gunas" ou "tri-gunas" ou états de l'être:
"Tamas, Rajas Sattva"
Le sombre, le dynamique et le spirituel, si je peux dire ainsi; je l'explique à mon niveau d'ignorant.Toutes ces disciplines très passionnantes, demandent des années d'études très poussées et de pratique.

Ils disent que la bonne santé est liée à l'équilibre de ces énergies.La maladie physique et ou psychique est due à son déséquilibre.Je l'ai suivi, quand j'étais dans le milieu Hindou et c'est très efficace comme médecine (problème de dos, suite à des pratiques trop poussées de Yoga).

Bonne recherche.

Smile
ted
Modérateur

Hors ligne

Inscrit le: 07 Sep 2014
Messages: 594
Localisation: IdF

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 10:15    Sujet du message: Re: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

arnosteo a écrit:
Pour cela je souhaite leur présenter un synopsis de mémoire consistant et susceptible de provoquer un intérêt réel. J’aimerais donc dès à présent, si vous le souhaitez, que vous me donniez quelques éléments de réponses quant à la vision du corps selon vos enseignements.

Sachant que tu as toutes ces réponses en 3 clics sur internet, je suppose que tu veux une source fiable, c'est à dire, le témoignage de pratiquants reconnus ?

A mon avis, le mieux est de prendre rendez-vous successivement avec un lama tibétain, un moine Zen, et un guide theravadin. Puis de les interviewer en citant bien tes sources dans le synopsis.

Le bouddhisme est avant tout une pratique.
Sur le web, il y a beaucoup de compréhension intellectuelle, mais pour un futur praticien comme toi, rien ne vaut le terrain et le contact direct avec les gens.

Tu devrais contacter l'UBF, ils sauront sans aucun doute t'orienter vers des correspondants.
________________________________________
Le Véritable Silence Ne Craint Pas Le Bruit
Adiós
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 15 Juil 2013
Messages: 360

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 12:19    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

C’est un sujet qui me paraît très vaste…
Peut-être faudrait-il distinguer l’aspect culturel de l’aspect religieux. Le bouddhisme va grosso modo correspondre aux cultures asiatiques, mais j’ignore si le rapport au corps en Chine est exactement le même qu’au Japon ou qu’en Thaïlande, par exemple. Il faudrait bien sûr aussi considérer l’Inde, mais c’est encore une culture différente et il est très probable que le rapport au corps en Inde est le même pour les bouddhistes et les hindouistes. Cela me paraît plutôt culturel, je me trompe peut être ?...

Nous sommes ici pour la plupart des bouddhistes avec des origines européennes, je crois, ce qui fait que notre rapport au corps est à mon avis très classique ou occidental. Pour ma part si j’ai un problème de santé je vais voir mon médecin généraliste, ce qui fait que je ne sais pas comment se déroule une consultation chez un thérapeute qui pratiquerait la médecine tibétaine par exemple.
Serge Z.
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2009
Messages: 11 220

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 14:21    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

Il est dit que nous sommes chanceux d'avoir pris renaissance dans ce corps humain, dans cette dimension, car nous avons la possibilité d'entendre le dharma et d'atteindre la libération (état de bouddha). Ainsi, le corps est un don précieux qu'il faut conserver dans le meilleur état possible ... néanmoins, le corps n'est qu'un agrégat des 5 éléments et à ce titre ne doit pas générer d'attachement particulier qui le transformerait en "élément égotique majeur". Ainsi le corps s'entretient et se discipline afin de le conserver en "bon état" et "pleine capacité" le plus longtemps possible ...

Sönam
________________________________________
La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

- Les six vers de vajra -


Dernière édition par Serge Z. le Mer 4 Fév 2015 - 18:36; édité 1 fois
arnosteo
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 7

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 18:23    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

Merci à vous tous pour ses réponses Very Happy

Merci Ortho pour toutes ces références, elles vont bien m'aider. Je vais voir si je trouve un centre bouddhiste près d'Avignon. Il en existe un à côté de Montpellier (Lerab Ling de mémoire) mais c'est un peu loin.
C'est effectivement un sujet difficile mais après tout il faut bien un peu de challenge Cool

Effectivement Ted je cherche une (ou plusieurs) source fiable. Le bouddhisme est avant tout une pratique mais ça n'empêche pas (à ma connaissance) de tomber malade ou de se fouler une cheville :-)
Peut être que la position de méditation peut par exemple provoquer des douleurs gênantes au bout d'un moment non ?

Legpa Tharchin, c'est une très bonne remarque ! Il faut que j'en prenne compte effectivement, je n'y avais pas pensé. Merci :-)

À quel type d'entretien physique pensez vous Sönam ? Du sport et une bonne hygiène de vie comme on peut l'imaginer en Occident ?
Le corps est un don précieux mais n'a pas de caractère sacré ou n'est pas source de pêché comme on pourrait le lire dans d'autres confessions ? Toujours la fameuse voie du milieu c'est bien ça ?
pack
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 03 Juil 2010
Messages: 459

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 18:25    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

Voici un extrait très pertinent sur la place du corps par rapport à l'esprit. Le développement dans la deuxième partie pointe particulièrement que le corps est quasiment un concept qui découle de l'interprétation donnée par les sens. Donc que l'esprit n'est pas dans le corps mais que le corps est dans l'esprit.

Tiré de "Small Boat, Great Mountain - Theravadan réflections on The Natural Great Perfection" par Amaro Bikkhu.

Citation:


What is a Living Being?

A certain amount of spiritual maturity hinges on understanding the nature of conventional reality. So much of our conditioning is predicated on the assumption that there is such a thing as a “real” living being. We see ourselves in terms of the limitations of the body and the personality, and we define what we are within those bounds. We assume then that other beings are also limited little pockets of beingness that float around in the cosmos. But a lot of what the practice is doing is deconstructing that model.
Rather than taking the body and personality as the defining features of what we are, we take the Dharma as the basic reference point of what we are. (Or, if you like using the Vajrayana language, you take the Dharmakaya as the basic reference point.)

Then we see the body and personality as being merely minuscule subsets of that, and as a result, we relate to our own nature in a very different way. The body and personality are recognized as little windows that the Dharma-nature is filtered through. Through the matrix of the body, personality, and our mental faculties, that nature of reality can be realized; it is not some little thing that is tacked on at the edge. Within all Buddhist traditions, understanding what a living being is means revisioning that whole structure, the habitual image of what we are.

It’s quite a common expression in the Mahayana Buddhist world (for instance in the Vajra Sutra) for the teachings to say such things as, “‘Living beings are numberless, I vow to save them all.’ And how do you save all living beings? You realize that there are no living beings. That is how you save living beings.”
But does saying that there aren’t any beings mean that they don’t exist? We can’t quite say that either. A true understanding of this expression means we are seeing beyond the normal limitations of the senses.

Where Are We?

You can practice understand. Understanding the experience of limitation. Try taking out the physical element of what you are and just look at yourself in terms of mind. You will find that the whole quality of boundary breaks up, as does the idea of “where I am” and “where other people are.” You will see that the body, its location, and three-dimensional space only apply to rupa-khandha only to the world of material form. In fact, “inside” and “outside,” “here” and “there,” “space” and “spatial relations” only apply to form; they do not apply to mind. Mind does not exist in space. Three-dimensional space exists only in relationship to the world of physical form.
That’s why meditating with our eyes open is a good test. It seems that there are separate bodies out there. There’s one here, there’s one there. With our eyes closed, it’s easier to get a feeling of unity. The material form is giving us the clue of separateness, but that separateness is entirely dependent on the material world. In terms of mind, place does not apply. The mind is not anywhere. We are here, but we are not here. Those limitations of separate individuality are conventions that have a relative but not an absolute value.
We create the illusion of separateness and individuality through our belief in the sense world. When we start to let go of the sense world, particularly the way we relate to physical form, then we start being able to expand the vision of what we are as beings. It’s not even a matter of seeing how we overlap with other beings; it’s a matter of realizing that we are of a piece with other beings.
[…]
One way that we can use this on a practical level is with a technique Ajahn Sumedho has often suggested. Thinking the mind is in the body, we say, “my mind” [points at head] or “my mind” [points at chest]. Right? “It’s all in my mind.” Actually we’ve got it wrong.
The body is in our mind rather than the mind in the body, right? What do we know about our body? We can see it. We can hear it. We can smell it. We can touch it.

Where does seeing happen?

In the mind. Where do we experience touch? In the mind. Where do we experience smelling? Where does that happen? In the mind. Everything that we know about the body, now and at any previous time, has been known through the agency of our mind. We have never known anything about our body except through our mind. So our entire life, ever since infancy, everything we have ever known about our body and the world has happened in our mind.

So, where is our body?

It doesn’t mean to say there isn’t a physical world, but what we can say is that the experience of the body, and the experience of the world, happens within our mind. It doesn’t happen anywhere else. It’s all happening here. And in that here-ness, the world’s externality, its separateness has ceased. The word “cessation,” (nirodha), may also be used here. Along with its more familiar rendition, the word also means “to hold in check,” so it can mean that the separateness has ceased. When we realize that we hold the whole world within us, its thing-ness, its other-ness has been checked. We are better able to recognize its true nature.
This shift of vision is an interesting little meditation tool that we can use anytime, as was described before with reference to walking meditation. It is a very useful device because it leads us to the truth of the matter. Whenever we apply it, it flips the world inside out, because we are then able to see that this body is indeed just a set of perceptions. It doesn’t negate our functioning freely, but it puts everything into context. “It’s all happening within the space of rigpa, within the space of the knowing mind.” In holding things in this way, we suddenly find our body, the mind, and the world arriving at a resolution, a strange realization of perfection. It all happens here. This method may seem a little obscure, but sometimes the most abstruse and subtle tools can bring about the most radical changes of heart
.

Serge Z.
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2009
Messages: 11 220

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 18:49    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

arnosteo a écrit:


...

À quel type d'entretien physique pensez vous Sönam ? Du sport et une bonne hygiène de vie comme on peut l'imaginer en Occident ?
Le corps est un don précieux mais n'a pas de caractère sacré ou n'est pas source de pêché comme on pourrait le lire dans d'autres confessions ? Toujours la fameuse voie du milieu c'est bien ça ?


Tout ce qui maintien un corps physique en bonne santé, hygiène de vie comme nous le comprenons en occident ... exercices, alimentation, phases de repos. Mais aussi ce qui induit un corps en bonne santé, un mental équilibré (selon la compréhension donnée par le dharma et suivant le véhicule suivi). Sur ce dernier sujet, les vues des différents véhicules divergent, et il serait nécessaire d'entrer dans une compréhension plus large de chacun d'entre eux pour comprendre les choses (vérité relative/absolue), mais d'une façon générale les phases de méditation/contemplation sont les vecteurs d'un mental équilibré et donc d'un corps en bon état ...
Non, le corps n'est pas source de péché (tel quel, ce concept n'existe pas dans le dharma), seulement un moyen, un véhicule éventuel à l'action néfaste générée par le mental et cumulatrice de karma négatif.

Sönam
________________________________________
La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

- Les six vers de vajra -
arnosteo
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 7

MessagePosté le: Mer 4 Fév 2015 - 19:59    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme Répondre en citant

Merci pack pour ce texte.
Je l'ai traduit rapidement si ça peut en intéresser certains.
Pour être franc je n'ai pas tout compris mais je vais essayer de m'y plonger un peu plus Mr. Green


Citation:
Qu’est-ce qu’un être humain ?
Une certaine quantité de maturité spirituelle repose sur la compréhension de la nature de la réalité conventionnelle. Une grande partie de notre conditionnement est fondée sur l'hypothèse selon laquelle il existe une telle chose qu’un "vrai" être vivant. Nous nous voyons en fonction des limites du corps et de la personnalité, et nous définissons ce que nous sommes au sein de ces limites. Nous supposons alors que les autres êtres sont également des petites poches limitées de l'être qui flottent autour dans le cosmos. Mais beaucoup de ce que la pratique fait déconstruit ce modèle. Plutôt que de prendre le corps et la personnalité comme les caractéristiques qui définissent ce que nous sommes, nous prenons le Dharma comme le point de référence de base de ce que nous sommes. (Ou, si vous voulez en utilisant le langage Vajrayana, vous prenez le Dharmakaya comme le point de référence de base.)
Puis nous envisageons le corps et la personnalité comme étant seulement de minuscules sous-ensembles de cela, et par conséquent, nous nous relions à notre propre nature d'une manière très différente. Le corps et la personnalité sont identifiés comme de petites fenêtres au travers desquels est filtré la nature du Dharma. Cette nature de la réalité peut être réalisée grâce à la matrice du corps, la personnalité et nos facultés mentales; ce n’est pas quelque chose qui est figée. Dans toutes les traditions bouddhistes, comprendre ce qu'est un être vivant signifie remettre en question toute cette structure, l'image habituelle de ce que nous sommes.
C’est une expression assez courante dans le monde bouddhiste Mahayana (par exemple dans la sutra Vajra) pour les enseignements de dire des choses comme: «Les êtres vivants sont innombrables, je fais le vœu de les sauver tous. Et comment sauvez-vous tous les êtres vivants ? Vous vous rendez compte qu'il n'y a pas d’être vivant. C’est ainsi que vous les sauvez. »
Mais est-ce-que dire qu’il n’y a pas d’être vivant signifie pas qu'ils n’existent pas ? Nous ne pouvons pas non plus affirmer ça. Une véritable compréhension de cette expression signifie que nous voyons au-delà des limites normales de nos sens.

Où sommes-nous ?
Vous pouvez pratiquer la compréhension. Comprendre l'expérience de limitation. Essayez d’oublier les parties physiques qui vous constituent et regarder en vous-même en termes d’esprit. Vous constaterez que la notion même de limite disparaît, tout comme l'idée de « là où je suis » et « où les autres personnes sont ». Vous verrez que le corps, son emplacement, et l'espace en trois dimensions ne s’appliquent qu'aux rupa-khandha, au monde de la forme matérielle. En fait, « intérieur » et « extérieur », « ici » et « là », « espace » et « relations spatiales » ne s’appliquent qu’à la forme; elles ne se appliquent pas à l'esprit. L'esprit n’existe pas dans l'espace. L’espace tridimensionnel n’existe que par rapport au monde de la forme physique.
C’est pourquoi méditer avec nos yeux ouverts est un bon test. Il semble qu'il y ait des corps distincts là-bas. Il y en a un ici, un autre là. Il est plus facile d'obtenir un sentiment d’unité avec les yeux fermés. La forme matérielle nous donne l'idée de la séparation, mais cette séparation dépend entièrement du monde matériel. Il n’existe pas d’endroit ni de lieu en terme de l'esprit. L'esprit n’est pas n’importe où. Nous sommes ici, mais nous ne sommes pas ici. Ces limitations de l'individualité séparée sont des conventions qui ont une valeur relative mais pas absolue.

Nous créons l'illusion de la séparation et de l'individualité grâce à notre croyance dans le monde des sens. Quand nous commençons à lâcher ce monde de sens, notamment notre relation à la forme physique, alors nous commençons à être en mesure d'élargir la vision de ce que nous sommes en tant qu'êtres. Ce n’est même pas une question de voir comment nous nous chevauchons avec d'autres êtres; il s’agit de réaliser que nous sommes une partie des autres êtres.
[…]
Nous pouvons utiliser ceci à un niveau pratique grâce à une technique souvent citée par Ajahn Sumedho. En pensant que l’esprit est dans le corps, nous nous disons : « mon esprit » [en pointant sa tête ou sa poitrine]. Ok ? « Tout est dans mon esprit ». En fait, nous avons tort.
Le corps est dans notre esprit plutôt que l’inverse d’accord ? Qu’est-ce-que nous savons à propos de notre corps ? On peut le voir. On peut l’entendre. On peut le sentir. On peut le toucher.


Où est-ce-que la vision se produit ?
Dans l’esprit.
Où est-ce que se produit l’expérience du touché ? Dans l’esprit.
Où est-ce que se produit l’expérience de l’odorat ? Dans l’esprit.
Tout ce que nous connaissons à propos du corps, maintenant et à tous les instants précédents, se fait au travers de notre esprit. Nous n’avons jamais rien connu de notre corps si ce n’est via notre esprit. Donc toute notre vie, depuis la petite enfance, tout ce que nous avons jamais connu sur notre corps et le monde qui nous entoure s’est passé dans notre esprit.

Où est notre corps alors ?
Ça ne signifie pas que le monde physique n’existe pas. Mais nous pouvons dire que l’expérience que l’on fait de notre corps et du monde qui nous entoure se produit au sein de notre esprit. Ça ne se produit pas ailleurs. Tout se passe là. Et dans cet endroit l'externalité du monde, sa séparation, a cessée. On peut également utiliser ici le mot « cessation » (nirodha). En plus de sa traduction habituelle, ce mot signifie aussi « tenir en échec », et donc que la séparation a cessé. Lorsque nous réalisons que le monde entier est en nous, cette autre chose se vérifie. Nous sommes capable de reconnaitre sa vraie nature.
Ce changement de vision est un petit outil de méditation intéressant et que nous pouvons utiliser à tout moment, tel que cela a été décrit précédemment en référence à la méditation en marchant. C’est très utile car cela nous mène vers la vérité de la question. À chaque fois que nous l’utilisons, il retourne notre monde car nous sommes alors capable de voir que ce corps est juste un ensemble de perceptions. Il ne nie pas notre libre-arbitre mais replace tout dans le contexte. « Tout se passe à l’intérieur de l’espace de rigpa, dans l’espace de l’esprit qui sait. » En envisageant les choses de cette manières, nous trouvons tout à coups que notre corps, notre esprit et le monde entier se résolvent, une étrange réalisation de la perfection. Tout ce passe ici. Cette méthode peut sembler un peu obscure mais parfois les outils les plus abstraits et subtils peuvent amener aux changements de cœur les plus radicaux.
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:05    Sujet du message: La vision du corps dans le bouddhisme

Montrer les messages depuis:   
Nouveau   Répondre    SanghaForum Index du Forum -> Véhicules et traditions -> Général Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Panneau d’administration | creer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com