Sangha Forum
SanghaForum est un lieu de rencontre et d'échange consacré au dharma de Bouddha Sakyamouni. Il est consacré à toutes les traditions bouddhistes dans l'esprit du mouvement Rimé. Bouddhistes ou non bouddhistes, il est ouvert à tout le monde ... dans le respect de chacun.
Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement

 
Nouveau   Répondre    SanghaForum Index du Forum -> Véhicules et traditions -> Général
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Ryokushin


Hors ligne

Inscrit le: 31 Mai 2015
Messages: 2

MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 03:27    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Bonjour, ceci est mon premier post parmi vous.

Je ne suis pas certain de comprendre, où plutôt d'être d'accord avec le fait que dans tout les cas la solution à la souffrance soit la réduction du désir ou le détachement. C'est la situation que vit un ami présentement qui me fait douter.

Il est père de 2 enfants, il a perdu son emploi il y a quelques mois et financièrement c'est très difficile ces temps-ci: il risque de perdre sa maison ainsi que sa voiture. Il vas sans dire qu'il souffre, et qu'il désire améliorer sa situation, pour lui et sa famille.

La solution bouddhiste c'est de se détacher? De cesser vouloir améliorer la situation familiale? Hum! Soit je ne comprends pas le sens de 4 nobles vérités, soit la solution est ailleur.

Merci de m'éclairer.
Publicité






MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 03:27    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Serge Z.
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2009
Messages: 11 224

MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 07:02    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Avant de comprendre les 4 Nobles Vérités, il faut comprendre le principe de rétribution, la loi de la causalité (cause et effet) et voir le tout dans une dimension plus large que celle de la dimension d'une seule vie, un continuum qui enchaîne sans fin mort et naissance ...
A partir de là on réalise que les effets que nous ressentons à un moment donné sont dus à des causes provenant de cette vie ou d'in-carnations précédentes, et que la cause première de cette chaîne causale/karmique qui nous balade de renaissance en renaissance est l'ignorance. L'ignorance de notre véritable nature.
A partir de là :
- on comprend mieux ce qui est en train de se passer
- on est moins affligé par les effets que nous ressentons (c'est en ce sens qu'il faut comprendre le détachement)
- on crée des causes qui produiront de meilleurs effets
- se faisant, on améliore la situation pour soi, les siens et tout ceux qui nous entourent

Voir les choses avec négativité n'a jamais amélioré ces mêmes choses, au contraire. Être détaché (moins affligé) par ce qui nous arrive, dans la mesure où on comprend ce qui se passe permet d'entreprendre les actions justes. Les actions justes et d'autres comportements justes sont le contenu de la 4ème Noble Vérité, c'est l'octuple sentier qui mène à la cessation de la souffrance sous toutes ses formes.

Sönam
________________________________________
La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

- Les six vers de vajra -
_bodhi
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 16 Oct 2014
Messages: 498
Localisation: samsara

MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 10:12    Sujet du message: Re: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Ryokushin a écrit:
La solution bouddhiste c'est de se détacher? De cesser vouloir améliorer la situation familiale? Hum! Soit je ne comprends pas le sens de 4 nobles vérités, soit la solution est ailleur.

Arriver à se détacher véritablement est un chemin de longue haleine. On ne se détache pas en claquant des doigts ou en se disant simplement : "Ah oui, c'est vrai, si j'étais moins attaché à cette condition, j'en souffrirais moins !" Pourtant on sent bien qu'il y a quelque chose de vrai dans cet aphorisme. Quand une personne avare doit donner son argent, c'est comme si on lui arrachait une partie d'elle-même tellement elle en est attaché. C'est une souffrance. Une solution consiste à se détacher. Une question peut retenir : "Est-ce seulement possible ?" Le bouddhisme dit que oui. Il l'énonce par la Troisième Noble Vérité.

Sönam a écrit:
Être détaché (moins affligé) par ce qui nous arrive, dans la mesure où on comprend ce qui se passe

La connaissance est le moyen de libération.

Sönam a écrit:
permet d'entreprendre les actions justes.

C'est la Quatrième Noble Vérité : les huit actions justes. Elle amène à la connaissance qui libère de ses conditionnements, de ses attachements.

Je te recommande la consultation de cette page :
http://www.centrebouddhisteparis.org/Bouddha/Le_Dharma_du_Bouddha/les_douze…

Les douze maillons décrivent l'enchaînement des souffrances samsariques dans une relation conditionnée de causes et d'effets. C'est tout simplement l'explication bouddhiste de notre existence ici et maintenant, ainsi que de nos expériences passées, présentes, et futures. Les "deux maillons faibles" sont l'ignorance et l'attachement. C'est d'eux dont il faut s'occuper si l'on désire arrêter cet enchaînement de souffrances.
________________________________________
Dans la vacuité, chaque chose dépend de toutes choses, et dans toutes choses il y a l’esprit.
Hyrcan
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 26 Mar 2013
Messages: 215
Localisation: France

MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 11:56    Sujet du message: Re: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

_bodhi a écrit:
Ryokushin a écrit:
La solution bouddhiste c'est de se détacher? De cesser vouloir améliorer la situation familiale? Hum! Soit je ne comprends pas le sens de 4 nobles vérités, soit la solution est ailleur.

Arriver à se détacher véritablement est un chemin de longue haleine. On ne se détache pas en claquant des doigts ou en se disant simplement : "Ah oui, c'est vrai, si j'étais moins attaché à cette condition, j'en souffrirais moins !" Pourtant on sent bien qu'il y a quelque chose de vrai dans cet aphorisme. Quand une personne avare doit donner son argent, c'est comme si on lui arrachait une partie d'elle-même tellement elle en est attaché. C'est une souffrance. Une solution consiste à se détacher. Une question peut retenir : "Est-ce seulement possible ?" Le bouddhisme dit que oui. Il l'énonce par la Troisième Noble Vérité.

Salut,
se détacher de ses problèmes n'est pas une solution... Si on a des problèmes (de travail, d'argent, de santé, de relations) la solution n'est pas de se détacher de ces problèmes mais de les résoudre!
Ce que tu dis c'est comme si tu disais à quelqu'un qui n'a pas de travail pour améliorer la vie de sa famille: "détache toi de ce problème!"... ça me semble pas que c'est ce qu'il faut lui dire. Ce qu'il faut lui dire c'est "mets toutes les conditions de ton côté pour retrouver du travail" ou quelque chose tu même genre.
_bodhi
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 16 Oct 2014
Messages: 498
Localisation: samsara

MessagePosté le: Dim 31 Mai 2015 - 13:33    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Se détacher ne signifie pas tout abandonner. Dans un premier temps c'est pour éviter de prendre les choses trop à cœur, car on peut être vite dépassé par les événements. Apprendre à relativiser est une bonne chose, car c'est la nature même de notre monde que d'être relatif. Dans un deuxième temps c'est pour éviter de produire à l'avenir les causes et les conditions de nouvelles souffrances. Dans un troisième temps, c'est pour se libérer définitivement de tous les conditionnements, de toute forme de souffrance; être enfin libre, et heureux.
________________________________________
Dans la vacuité, chaque chose dépend de toutes choses, et dans toutes choses il y a l’esprit.
Ortho
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 06 Juil 2012
Messages: 212
Localisation: Paris

MessagePosté le: Jeu 4 Juin 2015 - 08:31    Sujet du message: Lutter ou laisser tomber? Répondre en citant

Bonjour,
Je partage l'avis d'Hyrcan. La vie c'est fait pour lutter, le moine ou la moniale dans son ermitage au Tibet ou ailleurs, lutte; il passe son temps à cela et à relâcher en même temps.
Au contraire votre Ami, doit synthétiser ses atouts, faire son bilan, et avancer.Peut-être qu'un retour sur lui-même est nécessaire mais c'est facile à dire.
Gotama a agit comme il a pu, à son époque et en son temps.Il a proposé à chacun, ensuite de chercher.
Mais la vie d'un père de famille, c'est de lutter aussi DANS le monde.Il a une femme, des enfants, il SE DOIT de se donner à eux d'abord, lui après.J'aimerais, aussi laisser tomber et partir "méditer", chercher, tester.Je dois me contenter de ma vie quotidienne en y insérant des pratiques reçues de mes "maitres" (de méditation) ce qui m'aide à relativiser, les bons et les mauvais moments et qui me "remontent" le moral, quand cela ne va pas trop fort. Rolling Eyes
Bon courage.
Very Happy
Serge Z.
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2009
Messages: 11 224

MessagePosté le: Jeu 4 Juin 2015 - 09:19    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Je ne suis pas sur que "lutter" soit le bon moyen ... tendre vers l'harmonie, "faire avec" sont plus appropriés.

Pas vraiment dans le sens du dharma, de telles affirmations :

" La vie c'est fait pour lutter, le moine ou la moniale dans son ermitage au Tibet ou ailleurs, lutte; il passe son temps à cela et à relâcher en même temps. "
ou
"Gotama a agit comme il a pu, à son époque et en son temps."

et tout le monde n'approche pas la vie de la sorte ... heureusement : "Je dois me contenter de ma vie quotidienne en y insérant des pratiques reçues"

Sönam
________________________________________
La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

- Les six vers de vajra -
Yves
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 02 Déc 2011
Messages: 314
Localisation: Strasbourg

MessagePosté le: Jeu 4 Juin 2015 - 10:41    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

je vois une confusion, quand on parle de détachement, il ne s'agit pas de renoncement

si vous êtes embourbé avec votre voiture, vouloir sortir du bourbier n'a rien d'un attachement Mr. Green

quel que soit les difficultés que vous rencontrez, mettre en oeuvre des solutions n'est pas un attachement. c'est une qualité de l'esprit que de voir une situation pour se qu'elle est et d'agir.

le détachement c'est quand on se rend compte qu'on refuse la réalité comme elle est, par exemple si je suis embourbé et je me dis:"pourquoi cela m'arrive-t-il à moi? mon karma est d'être embourbé je dois l'accepter..." et l'on part méditer sous un arbre sur son mauvais karma Mr. Green en vérité on voudrait que cela ne soit pas arrivé. le détachement que l'on cherche est là, la réalité c'est qu'il faut sortir la voiture du bourbier, tous les attachements que l'on a font que l'on va s'asseoir sous un arbre, c'est de ces attachements qu'il faut se détacher Mr. Green c'est cela être en harmonie avec le présent

donc le détachement c'est quand vous êtes assis sous l'arbre et que vous vous dites :"qu'est ce que je foue là, j'ai une voiture à dépanner"

dans la situation difficile que vit cette homme, la solution est d'être actif et le détachement aide à agir. on est beaucoup plus efficace si l'on est concentrer sur ce que l'on à faire (rechercher un emploi ou de l'aide pour passer ce cap difficile). Il est très difficile de rester serein quand les conditions de vie se compliquent, le détachement aide à rester serein et l'on reçoit comme une grâce le fait d'être plus fort face à l'adversité. malheureusement si l'on est trop attaché aux bonnes conditions on peut s’apitoyer sur soi-même; "pourquoi moi? j'ai toujours été honnête, je ne mérite pas cela...etc,etc" et l'esprit rentre dans une boucle négative qui peut conduire à la dépression. Il est certain que l'on ne peut pas être joyeux lorsque l'on rencontre des difficultés, mais la façon dont on les vit fera une grande différence
________________________________________
oui à ce qui est
tout change
tout est maintenant
Serge Z.
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2009
Messages: 11 224

MessagePosté le: Jeu 4 Juin 2015 - 15:08    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

"le détachement c'est quand vous êtes assis sous l'arbre et que vous vous dites :"qu'est ce que je foue là, j'ai une voiture à dépanner"


________________________________________
La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

- Les six vers de vajra -
_bodhi
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 16 Oct 2014
Messages: 498
Localisation: samsara

MessagePosté le: Jeu 4 Juin 2015 - 16:42    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Dans le samsara la lutte est vaine car au final c'est toujours lui qui l'emporte. Le détachement bouddhiste, le lâcher prise, n'est pas une abdication, c'est plutôt une nouvelle stratégie pour l'esprit afin que les contrariétés de l'existence, inévitables, ne soient plus vues comme des problèmes insurmontables, même si cela concerne notre propre mort.

Ajahn Brahmavamso a écrit:
En tant que moine bouddhiste, j’ai appris à aller dans la direction opposée à la tendance habituelle. Quand on a mal, la tendance habituelle consiste à essayer d’échapper à la douleur. Quand le doigt rencontre une flamme, automatiquement on l’éloigne de la source de chaleur ; quand un moustique nous pique, on se gratte. Quel que soit le problème, on a cette tendance automatique qui, très souvent, fait empirer la situation. Dans ma vie, au lieu de chercher à m’éloigner de cette douleur, de cet inconfort lié aux difficultés physiques ou mentales, j’ai appris à aller dans la direction opposée. Si l’esprit va simplement à la rencontre de la douleur au lieu de s’en éloigner aussitôt, il va se familiariser avec cette sensation plutôt que s’y opposer, il lui donne de l’amitié plutôt que de la haine. Voilà un principe général pour toute votre vie : faire la paix et non la guerre. Etre pacifiste, non seulement vis-à-vis de la guerre dans le monde mais aussi de la guerre que vous menez, dans votre vie, contre la réalité ; cette guerre que vous menez contre la douleur, la maladie et quelquefois aussi contre des problèmes d’ordre mental ou social. Nous faisons la guerre à tout cela : « Les choses n’auraient pas dû se passer ainsi … Cela ne va pas arriver, je vais le résoudre … Va-t-en douleur ! Va-t-en, maladie ! Va-t-en, stress ! » C’est cette négativité qui nourrit la douleur et la renforce. Mais il y a une autre voie : « Sois la bienvenue, douleur ! Merci d’être là. Je peux être ton ami. Je vais t’apprécier comme ma meilleure amie, douleur. »

[...]

...beaucoup de gens disent qu’ils lâchent prise — « Je lâche ! Je te dis que j’ai lâché !!! » (en criant) — et puis s’étonnent que cela ne fonctionne pas. Alors ils viennent se plaindre à moi : « Ajahn Brahm, j’ai fait ce que vous avez dit mais sans résultat. Vous nous avez raconté des histoires. » Non, je ne vous mens pas, l’histoire est véridique. Le problème est que vous n’avez pas vraiment lâché prise, vous n’avez fait qu’utiliser une nouvelle technique pour vous débarrasser de la douleur. Ce n’est pas le lâcher prise, c’est une autre manière de contrôler la douleur. Pour vraiment s’abandonner, il faut pouvoir dire quelque chose comme : « Douleur, tu peux rester ici pour toujours, si tu veux » — et bien en comprendre le sens. « Tu peux même t’aggraver si tu le désires, la porte de mon cœur t’est complètement ouverte quoi que tu fasses. Tu peux rester, empirer … je t’accueille. » C’est une chose très difficile à faire, qui demande beaucoup de courage et même de la compassion — de la compassion envers la douleur, pour accueillir la douleur en réalisant qu’elle fait partie de la vie. Tout cela n’a rien d’anormal. Pourquoi faire de la discrimination envers la douleur et dire : « Je ne veux pas de toi ! » Quand vous la laissez être, la laissez venir et rester, vous avez vraiment laissé tomber la part mentale de la douleur. On lâche cet esprit négatif qui se complaît dans les lamentations et, de ce fait, l’esprit se libère, le corps se détend et la douleur disparaît. C’est une expérience fascinante. Bien entendu, si on l’a vécue une fois, il est très facile de comprendre comment gérer la douleur quand on n’a pas d’autre choix. On ressent une douleur et, plutôt que la combattre et créer des tensions qui vont engendrer encore plus d’énergie négative, on lâche prise, on se familiarise avec cette douleur, on est gentil avec elle, on a de la compassion.


Si vous le faites correctement, à cent pour cent, vous serez impressionné par l’effet que cela peut avoir. La partie mentale de la douleur est la plus dure à supporter. Mais, un jour, vous aurez peut-être une douleur qui vous tuera. Vous serez mort. Pour la plupart d’entre vous ce ne sera pas un moment très plaisant. Mais si vous apprenez maintenant à faire face à la douleur, vous aurez une mort douce, tranquille. Vous êtes là, dans la souffrance et vous souriez, vous appréciez la vie et vos derniers instants avec vos proches. J’ai vu cela maintes fois, spécialement avec des méditants qui connaissaient un peu le Dhamma (l’enseignement du Bouddha mais aussi la loi de la nature, la vérité qui nous entoure) et qui savaient comment l’esprit et le corps sont reliés. Certains d’entre eux étaient même à l’agonie et les médecins ne comprenaient pas ce qui se passait. Mais ces personnes vivaient leurs derniers instants dans la paix. C’est beau de voir cela, c’est inspirant et cela montre tout ce que l’esprit peut faire. Je vais vous citer l’un des mes héros dans l’histoire. Ce n’était pas un Bouddhiste mais un Catholique, un saint catholique : Saint Laurent. J’aime bien cet homme parce qu’il était très radical et ne suivait pas les dogmes établis. En ce temps-là les gens comme lui finissaient très mal. (D’ailleurs moi-même, à cette époque, avec tout ce que je vous raconte le vendredi soir, je ne serais pas resté en vie très longtemps !) Voici donc ce grand saint chrétien brûlé vif sur un grill. Nous ne saurons probablement jamais ce que peut être une telle souffrance. Vous êtes-vous déjà brûlé un doigt ? Vous rappelez-vous combien la douleur était forte ? Essayez d’imaginer la multiplication de la douleur si vous étiez brûlé vif sur un grill ! Quelle serait votre souffrance ! Mais cet homme put garder toutes ses facultés mentales et il connut une grande paix. Juste avant de perdre connaissance, il prononça ces derniers mots : « Changez-moi de côté, celui-ci est bien cuit. » Je ne peux qu’admirer cet homme, non seulement parce qu’il était au-delà de la douleur physique mais aussi pour sa compassion : entouré de tous ces misérables qui le regardaient, il a fait une ultime plaisanterie pour les détendre.

[...]

Et ceci est tout aussi valable pour les difficultés de la vie : un licenciement, une séparation, une disparition, un suicide … Faites attention à la part que joue le mental dans ces occasions. Si vous arrivez à gérer cela, le reste ira bien.

http://www.dhammadelaforet.org/sommaire/a_brahm/attitude_bouddhiste_douleur…

________________________________________
Dans la vacuité, chaque chose dépend de toutes choses, et dans toutes choses il y a l’esprit.
ted
Modérateur

Hors ligne

Inscrit le: 07 Sep 2014
Messages: 594
Localisation: IdF

MessagePosté le: Jeu 4 Juin 2015 - 21:21    Sujet du message: Re: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Ryokushin a écrit:
Bonjour, ceci est mon premier post parmi vous.

Je ne suis pas certain de comprendre, où plutôt d'être d'accord avec le fait que dans tout les cas la solution à la souffrance soit la réduction du désir ou le détachement. C'est la situation que vit un ami présentement qui me fait douter.

Il est père de 2 enfants, il a perdu son emploi il y a quelques mois et financièrement c'est très difficile ces temps-ci: il risque de perdre sa maison ainsi que sa voiture. Il vas sans dire qu'il souffre, et qu'il désire améliorer sa situation, pour lui et sa famille.

La solution bouddhiste c'est de se détacher? De cesser vouloir améliorer la situation familiale? Hum! Soit je ne comprends pas le sens de 4 nobles vérités, soit la solution est ailleur.

Merci de m'éclairer.

Bonjour Ryokushin

Quand le Bouddha rencontrait un fils de famille qui avait d'importantes responsabilités et qui voulait les abandonner pour rejoindre le sangha, il ne l'encourageait pas dans cette voie. Il lui conseillait de prendre soin d'abord de sa famille dans le besoin.

De plus, il est tout à fait possible de pratiquer le renoncement dans un environnement laïc, puisque le renoncement, c'est une vision des choses, un état d'esprit, une façon d'être.

Citation:

La présence massive des renonçants parmi les proches auditeurs du Bouddha, ou bien le fait que le Bouddha lui-même était un renonçant, n'était pas une raison pour que ces enseignements soient limités aux renonçants. De toute évidence, le Bouddha a présenté une doctrine ouverte à toutes les nations, à tous les peuples, à toutes les couches sociales. C'était une doctrine adressée à toute personne mentalement adulte. Il est vrai qu'elle insiste sur le renoncement. Mais doctrinalement parlant, au plus haut niveau spirituel le renoncement est un état mental instantané qui arrive par la compréhension correcte.

Ainsi les textes "monastiques" eux-mêmes affirment, qu'à l'époque de bouddha, des milliers de laïcs ont atteint les hautes étapes de la libération comme Sotapatti, Sakadagami, Anagami, tout en étant dans l'état laïc. Il y avait aussi des laïcs qui étaient arrivés à l'état d'Arahant. Autrement dit, pour atteindre ces étapes, on n'était pas obligé d'embrasser la vie monastique. Il n'y avait pas non plus deux nibbâna(s): un pour laïcs et l'autre pour renonçants. En effet, un sermon important du Samyutta-nikâya se termine par ces paroles du Bouddha :"(...) O Mahânâma, entre ce disciple laïc qui est délivré ainsi des souillures mentales et un bhikkhu qui est délivré des souillures mentales, il n'y a aucune différence. Entre la délivrance d'un disciple laïc et celle d'un bhikkhu, il n'y a aucune différence. (...)" A ceux qui ne pouvaient pas maitriser leur pensée ou à ceux qui avaient des contraintes familiales, le Bouddha proposait une vie séparée du monde. Ils pouvaient ainsi mener une vie ascétique en tant que mendiants religieux (bhikkhus), tandis que ceux qui avaient une compréhension profonde pouvaient arriver aux diverses étapes de la délivrance tout en vivant à leur domicile, sans porter de vêtement ascétique.

Extrait "Le dernier voyage de Bouddha" de Mohan Wijayaratna

________________________________________
Le Véritable Silence Ne Craint Pas Le Bruit
Ryokushin


Hors ligne

Inscrit le: 31 Mai 2015
Messages: 2

MessagePosté le: Ven 5 Juin 2015 - 23:38    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

Pardonnez ma réponse tardive, j'ai longuement lus et relus vos commentaires. Je constate que ma compréhension des 4 nobles vérités était fausse. Vous m'avez profondément éclairé et fait comprendre plus en profondeur le détachement. Je suis très reconnaissant. Un grand merci a tous, sincèrement.
_bodhi
Membre Actif

Hors ligne

Inscrit le: 16 Oct 2014
Messages: 498
Localisation: samsara

MessagePosté le: Mar 9 Juin 2015 - 17:43    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement Répondre en citant

bodhi a écrit:
Ajahn Brahmavamso a écrit:
...beaucoup de gens disent qu’ils lâchent prise — « Je lâche ! Je te dis que j’ai lâché !!! » (en criant) — et puis s’étonnent que cela ne fonctionne pas. Alors ils viennent se plaindre à moi : « Ajahn Brahm, j’ai fait ce que vous avez dit mais sans résultat. Vous nous avez raconté des histoires. » Non, je ne vous mens pas, l’histoire est véridique. Le problème est que vous n’avez pas vraiment lâché prise, vous n’avez fait qu’utiliser une nouvelle technique pour vous débarrasser de la douleur. Ce n’est pas le lâcher prise, c’est une autre manière de contrôler la douleur. Pour vraiment s’abandonner, il faut pouvoir dire quelque chose comme : « Douleur, tu peux rester ici pour toujours, si tu veux » — et bien en comprendre le sens. « Tu peux même t’aggraver si tu le désires, la porte de mon cœur t’est complètement ouverte quoi que tu fasses. Tu peux rester, empirer … je t’accueille. » C’est une chose très difficile à faire, qui demande beaucoup de courage et même de la compassion — de la compassion envers la douleur, pour accueillir la douleur en réalisant qu’elle fait partie de la vie. Tout cela n’a rien d’anormal. Pourquoi faire de la discrimination envers la douleur et dire : « Je ne veux pas de toi ! » Quand vous la laissez être, la laissez venir et rester, vous avez vraiment laissé tomber la part mentale de la douleur. On lâche cet esprit négatif qui se complaît dans les lamentations et, de ce fait, l’esprit se libère, le corps se détend et la douleur disparaît. C’est une expérience fascinante. Bien entendu, si on l’a vécue une fois, il est très facile de comprendre comment gérer la douleur quand on n’a pas d’autre choix. On ressent une douleur et, plutôt que la combattre et créer des tensions qui vont engendrer encore plus d’énergie négative, on lâche prise, on se familiarise avec cette douleur, on est gentil avec elle, on a de la compassion.


Après avoir mis en application cette vue en méditation je peux dire qu'effectivement la douleur physique n'est pas la plus difficile à évacuer (dissoudre). Reste la douleur mentale, l'inquiétude en fait. Je prends l'exemple de ma jambe que je ne sens plus en me levant de ma méditation (parfois). En méditation, difficile d'évacuer cette pensée : "Si j'ai mal, c'est que quelque chose ne va pas. Il faut changer quelque chose, sinon il y aura des conséquences fâcheuses." Par exemple, au pire, il se pourrait que je perde complètement la sensibilité de ma jambe. Que répondez-vous à cela ?
________________________________________
Dans la vacuité, chaque chose dépend de toutes choses, et dans toutes choses il y a l’esprit.
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:56    Sujet du message: Les 4 nobles vérités - désir/l'attachement

Montrer les messages depuis:   
Nouveau   Répondre    SanghaForum Index du Forum -> Véhicules et traditions -> Général Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Portail | Index | Panneau d’administration | creer un forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com