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Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort

 
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Gepec
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MessagePosté le: Mer 5 Aoû 2015 - 15:03    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Bonjour à tous,

Habituellement je pratique l'attention à la respiration, aux sensations. J'essaye autant que faire se peut de développer une pleine conscience dans chacune de mes activités et j'ai a plusieurs reprises médité sur l'amour altruiste (cf livre de Matthieu Ricard).
Hier, j'ai souhaité méditer sur ma propre mort afin de comprendre profondément l'impermanence qu'il est si facile de comprendre de manière superficielle.
J'ai visualisé mon décès lors d'un accident et la réaction ainsi que la vie des êtres aimés quand je ne serais plus.

Cela m'a bouleversé (tristesse profonde, larmes etc...) et j'ai depuis l'impression d'avoir une épée de damocles au dessus de la tête.

Ce n'est pas de perdre ces êtres chers qui est le plus douloureux mais le fait de savoir que je vais les laisser tous seuls.

J'ai l'impression que cette méditation m'a apporté plus de peur que de sérénité face à la mort. J'ai touché du doigt "mon" impermanence mais j'ai peur que l'effet pervers soit de développer un attachement déraisonnable à certaines personnes. Je suis au fond de moi persuadé qu'ils ont besoin de moi et j'ai très peur de les laisser.

Pratiquez-vous ce type de méditations ? Pourrais-je avoir vos témoignages ?

Merci
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MessagePosté le: Mer 5 Aoû 2015 - 15:03    Sujet du message: Publicité

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_bodhi
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MessagePosté le: Mer 5 Aoû 2015 - 20:40    Sujet du message: Re: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Gepec a écrit:

Hier, j'ai souhaité méditer sur ma propre mort afin de comprendre profondément l'impermanence qu'il est si facile de comprendre de manière superficielle.

Ça c'est l'impermanence grossière, parce que l'impermanence subtile c'est le fait que malgré l'apparence que les choses produites soient identiques d'instant en instant, en réalité celles-ci sont nouvelles à chaque instant.

Gepec a écrit:
Cela m'a bouleversé (tristesse profonde, larmes etc...) et j'ai depuis l'impression d'avoir une épée de damocles au dessus de la tête.

Il faut méditer sur l'impermanence subtile.

Gepec a écrit:
Ce n'est pas de perdre ces êtres chers qui est le plus douloureux mais le fait de savoir que je vais les laisser tous seuls.

C'est lié.

Gepec a écrit:
J'ai l'impression que cette méditation m'a apporté plus de peur que de sérénité face à la mort.

Il faut méditer sur le non soi.

Gepec a écrit:
J'ai touché du doigt "mon" impermanence mais j'ai peur que l'effet pervers soit de développer un attachement déraisonnable à certaines personnes. Je suis au fond de moi persuadé qu'ils ont besoin de moi et j'ai très peur de les laisser.

C'est plutôt l'inverse. C'est l'attachement qui provoque la peur de mourir, c'est-à-dire de tout perdre. L'impermanence (grossière et subtile) et le non soi concernent aussi les autres.

Personnellement je n'ai pas déclenché une peur de mourir suite à une méditation mais suite à un événement où j'ai cru mourir. J'ai compris à cet instant que je n'étais pas du tout prêt. J'y travaille.
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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû 2015 - 09:03    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

C'est bien ... La souffrance (notamment celle de la mort, la sienne, celle des proches, ...) est la 1ère Noble Vérité. La 2ème Noble Vérité c'est qu'il existe une origine à la souffrance.
Peut-être est-ce précisément l'objet de tes prochaines réflexions ?
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La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

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Deulma lhamo
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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû 2015 - 11:33    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

La mort est si proche. Il faut avoir médité durant de longues années sur nos peurs de ce passage . Notre enveloppe corporel , son incinération .... l'attachement, le moi.....
Ma famille et ceux et celles qui ont jalonné mon existence , ceux et celles qui sont déjà sans doute dans l'espace subtile du réel sont sans doute plus un réconfort pour mon esprit , car il est compassion. Je sais la peine que je leur causerai, mais je sais aussi que leur épreuve fera mûrir en eux la vraie réalité de nos apparences. Sinon l'amour et la compassion.

Voici un texte de Longchen Rabjam traduit maladroitement par mes soins en vu d'y méditer. Le texte en anglais se trouve dans Qintessential Dzogchen .
Confusion Dawns As Wisdom.

Bardo Aspiration [b1] (Esprit ) du bardo. Bardo Aspiration.
Instruction sur les bardos
Longchen Rabjam
OM HA HUNG
Veuillez prêter attention, les victorieux de toutes les directions et de tous les temps, par la qualité recueillie dans les trois temps et ce que je possède maintenant depuis le temps sans commencement jusque à ce jour véritable, afin que l’éclaircissement puisse être atteint par moi et chacun sans exception.
Dans toute incarnation tant que ceci n’est pas atteint afin que nous voyions la base, la voie de la grande perfection, le Dharmata directement, l’accroissement des visions et la culmination pour le corps fait de matière soit dissout en une masse de lumière.
Pouvons -nous ne pas être confrontés a l’angoisse de l’interruption de la vie. Les gurus et les yidams, tous, les dakas et les dakinis, apparaissent actuellement devant vos yeux, vous accordent les habilitations et prédications et ensuite vous guident aux royaumes divins.
Puisque tout conditionné ne dure pas, notre mort surviendra sûrement, la respiration s’arrête, l’esprit et le corps vont chacun séparant leur chemin. Nous pouvons- ne pas être désorientés, effrayés pour nous accrocher ou être attachés, mais pour demeurer dans l’état naturel et continu du Dharmakaya.
Quand le temps est venu de se dépouiller de ce corps, cette illusion de la matière, les perceptions et les skandas, les pensées ordinaires et subtiles tous cessant. Pouvons- nous , être complètement libérés, juste quand la partie de l’esprit et le corps s’éloignent dans la toute pénétrante vastitude de l’espace intemporel.
Quand les uns dans les autres, les faux éléments se dissolvent, l’état lucide (non mélangé et pur, avec les lumières des cinq couleurs, sans création de concepts, les chaînes Vajra en cinq couleurs peuvent être indivisibles, unifiées, dans le royaume de la dharmata, ( la nature même des phénomènes)
Quand les démons courroucés, tels que les énormes hungs et autres formes. Quand les milliards d’ univers , se remplissent de bruits et des hurlements rugissants de hungs . Nous pouvons identifier le point essentiel à savoir que le bruit est vide et réaliser que chaque son est vide comme un écho .
Quand les hordes des exécuteurs de yama nous entourent, attaquent, massacrent , tuent, donne la chasse- puisse toute cette panique naturellement se dissoudre. Libérés des déploiements illusoires de l’être frappé par la crainte et la terreur. Puissions nous les connaître comme étant les yidams, les paisibles et les courroucés.
Quand les hordes de hérukas courroucés viennent s’assembler devant le palais resplendissant, plein de félicité dans le manoir du crâne, nous ne pouvons les voir comme des formes de démons redoutables, mais gagnons à la place la connaissance de l’essence du cœur signifiant la compassion.
Quand la multitude des paisibles se dissout dans l’espace de la base. Du palais du dôme du joyau qui est dans le cœur,au moment où les déploiements transposent et se manifestent comme formes de lumières . Puissent la conscience alors être dissoute dans l’étendue brillante.
Quand la roue des canaux de la gorge s’ouvrent avec un millier de hurlements , de coups de tonnerre rugissants ,de rires terrifiants. Puissions nous reconnaître la chanson paisible et courroucée de Ah Houng, Et le libérer comme le son non surgit du savoir vide.
Quand le blanc et le rouge, les moyens et la connaissance convergent a u cœur. Du palace de la félicité soutenue dans le centre secret non corrompu, puisse cet état naturel de pleine félicité vide, cause des vents et de l’esprit être absorbé dans le canal central.
Alors pendant que nous restons dans l’état de bardo du dharmata , puisse la conscience ne pas s’égarer, dans l’oubli, mais après avoir réalisé la vaste et l’intemporel le pureté de la naturelle libération, puissions nous établir dans « autre vide » l ’état où le phénomène se dissout.
La vision s’élevant dans la réalité du dharmata directement , que le remède conceptuel du plein esprit établi, soit libre, en réalisant la pureté intemporelle, de la nature du phénomène épuisé. Puissions nous rester dans l’état de non conceptualisation exempt de constructions
Quand le sommet des quintuples sagesses ouvre ses portes, du palais des cinq couleur , les arc-en-ciel entrelacés , et le royaume est rempli de déités et de sphères, puissions nous rencontrer ,les quintuples véhicules et les cinq sagesses.
Quand nous rencontrons les cinq corps et les cinq sagesses dans le palais incandescent qui est la lampe vide des bindus, nous pouvons nous libérer du doute de ce sentiment dualiste vacillant, émergeant pleinement dans l’intemporel état de Samantabhadra.
Après avoir rencontré les quatre lampes, l’essence de l’esprit, face à face, dans le palais incandescent qui est la lampe vide des bindus, puissions nous atteindre la présence spontanée avec la parfaite assurance et transposer dans le vaste espace de l’ état de rigpa .
Puisse la luminosité vide de la lampe du dharmakaya luire
Puisse le dharmakaya vide du savoir être atteint
Puisse le sambhogakaya de la vision duelle incessante être atteinte
Puisse le nirmanakaya de la parfaite nature connaissante être atteinte
Après avoir atteint le triple corps , nous pouvons bien travailler pour les autres
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Yves
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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû 2015 - 11:56    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

bonjour

la mort a fait une "entrée fracassante" dans ma vie vers mes 20 ans (il y a 20 ans), coup sur coup une de mes connaissances s'est suicidé et mon meilleur ami est mort écrasé par une voiture

jusque là j'avais ignoré la question, non par fuite mais par la simple habitude culturel qui mets la mort hors de la société

suite à ces 2 disparitions beaucoup de questions me sont venu: "pourquoi est ce que je ne me suicide pas?" par exemple avec beaucoup d'autre

j'ai eu un "temps d'incubation" d'à peu près 8 mois ou j'ai commencé à entrevoir des réponses

une des premières à été de me dire que si j'étais tellement touché c'est que j'avais vécu jusque là comme si mes proches ou moi-même ne pouvions connaître la mort, j'avais repoussé la mort dans un futur lointain qui ne me concernait pas...

ensuite encore quelques mois plus tard j'ai accepté le fait que la mort est la vie, l'un ne va pas sans l'autre et que c'était mon manque d'intérêt pour la mort qui à entretenu mon ignorance à ce sujet

depuis je discute de la mort avec mes proches, j'entretien cette conscience d'abord en moi et aussi avec les autres; mes enfants (5 et 6 ans) savent que je suis "mortel" et eux aussi. nous avons eu l'occasion d'aborder cela lors de la mort d'une camarade de classe de mon plus jeune fils. il arrive qu'il pose des questions au sujet de la mort quand nous sommes à table et cela fait parti des sujets que l'on peut aborder librement.

au final cette conscience rend les instants que je partage avec mes proches plus "présent"; j'ai moins envie de faire plusieurs choses à la fois et d'être plus à ce que je fais; et aujourd'hui je tire de la force (et mes proches aussi) de savoir que nous sommes tous mortels et d'en avoir tous bien conscience

bien à toi
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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû 2015 - 20:36    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Attention tout de même à se croire "arrivé". Je dis ça par expérience. Il y a "parler de la mort" et "avoir fait l'expérience que c'est une réalité", et ce n'est pas du tout la même chose.
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MessagePosté le: Jeu 6 Aoû 2015 - 23:48    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Dans son message Gepec nous demande un témoignage

S'il veut que ce fil devienne une discussion sur la place de la mort dans le Dhamma, il nous le fera savoir

C'est une attention que j'essaye d'avoir, ne pas donner la réponse qui me paraît la meilleur sans vraiment répondre à la question

Ajahn Chah disais que si un villageois venait lui présenter un problème de la vie quotidienne, il cherchait d'abord à le résoudre concrètement avant delui faire part du Dhamma, même parfois la discussion pouvait s'arrêter là

Bien à vous
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MessagePosté le: Ven 7 Aoû 2015 - 08:46    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Merci pour vos réponses, c'est très intéressant.
En fait ce qui me tracasse vraiment, c'est que ma propre mort soit une source de souffrance pour autrui.
Même si je progresse suffisamment pour ne plus connaître cette souffrance liée à la mort, le fait de savoir que d'autres personnes en souffriront nuira à mon bonheur.
En fait j'ai l'impression d'en arriver à une "mauvaise compassion" pleine de peur et de douleur dans laquelle je suis personnellement émotionnellement impliqué.
(j'ai beaucoup de difficulté à expliquer le problème par des mots). Je n'arrive pas à me dissocier de la souffrance (supposée) d'autrui.

Sinon il faut que j'arrive à faire connaître l'enseignement du Bouddha à mes proches et comme ça il n'y aura plus de problèmes Wink
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MessagePosté le: Ven 7 Aoû 2015 - 09:00    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Gepec a écrit:
Merci pour vos réponses, c'est très intéressant.
En fait ce qui me tracasse vraiment, c'est que ma propre mort soit une source de souffrance pour autrui.
Même si je progresse suffisamment pour ne plus connaître cette souffrance liée à la mort, le fait de savoir que d'autres personnes en souffriront nuira à mon bonheur.
En fait j'ai l'impression d'en arriver à une "mauvaise compassion" pleine de peur et de douleur dans laquelle je suis personnellement émotionnellement impliqué.
(j'ai beaucoup de difficulté à expliquer le problème par des mots). Je n'arrive pas à me dissocier de la souffrance (supposée) d'autrui.

Sinon il faut que j'arrive à faire connaître l'enseignement du Bouddha à mes proches et comme ça il n'y aura plus de problèmes Wink

Imagine la mort d'un autre que toi même. Tu sauras ce qu'est la vraie compassion. Ce n est pas un conseil. C'est une réalité. D autant lorsque ce décès te touche de près
Je sais que celà ne peut pas être imaginé. C est une expérience difficile qui nous met face à notre impermanence.
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MessagePosté le: Ven 7 Aoû 2015 - 12:18    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

tu comprends les mécanismes de la souffrance, et tu souffres de l'attachement que les autres ont pour toi en prévision de ta propre mort?

il y a plusieurs "couches" là dedans
-d'abord on ne peut rien pour l'attachement que les autres ont (on n'en est pas responsable), on peut leur montrer qu'il y a un chemin qui peut les libérer mais c'est à eux de le suivre (ou pas)
-ensuite tu n'es pas "responsable" de ta propre mort, c'est l'état naturel que ton corps dépérisse; si lors de ta disparition physique tu as peur que les autres souffres et qu'imaginer cette souffrance te fait souffrir toi: tu peux te poser la question "quels sont les attachements qui sont déclenchés ici pour toi?"
-et dernièrement tu souffres d'une projection dans le futur qui n'existe que dans ton esprit, (je ne dis pas que tes proches ne seront pas triste); mais il y a beaucoup de conditions à prendre en compte. si tu meurs demain ou dans 30 ans, si tes proches auront mûri leurs rapports à la mort, la façon dont tu vas mourir etc etc. il y a trop d'inconnu pour pouvoir présumer de ce qui se passera exactement. s'il est bon de faire des plans avant de construire une maison il est vain de se préoccuper du sens du vent un an à l'avance. même si effectivement il y aura souffrance pour tes proches il est impossible d'anticiper à quels attachements elle sera lié au moment de ta mort.

en plus, tu es perturbé de voir que la compréhension que tu as de la souffrance soit source de souffrance pour toi?

chaque "élargissement" de la conscience et de notre compréhension peut "déterrer" des attachements que nous avions enfoui, c'est pour ça que la route est longue. Une fois que l'on a compris le chemin, on avance, on "nettoie" ce qui vient à la conscience et ce nettoyage permet à des couches plus profondes d'affleurer, ainsi l'esprit devient de plus en plus clair. Mais il n'est pas facile de faire face quand de "nouvelles couches de conscience" apparaissent, il faut recommencer le travail de nettoyage et laisser partir nos attachements. et chaque fois qu'un nouvel attachement apparaît il faut recommencer, inlassablement et être patient avec l'esprit
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MessagePosté le: Ven 7 Aoû 2015 - 14:55    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Décidemment, Yves , on a de plus en plus de points communs !

Même expérience que toi à peu près aux mêmes âges et mêmes choses avec mes enfants qui sont ados.

Je te rejoins dans tes propos.

ce n'est pas une chose facile, la mort et qui demande beaucoup de travail... qui demande comme tu le cites de fréquents nettoyages !
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MessagePosté le: Ven 11 Sep 2015 - 13:26    Sujet du message: La mort Répondre en citant

Gepec a écrit:
Merci pour vos réponses, c'est très intéressant.
En fait ce qui me tracasse vraiment, c'est que ma propre mort soit une source de souffrance pour autrui.
Même si je progresse suffisamment pour ne plus connaître cette souffrance liée à la mort, le fait de savoir que d'autres personnes en souffriront nuira à mon bonheur.
En fait j'ai l'impression d'en arriver à une "mauvaise compassion" pleine de peur et de douleur dans laquelle je suis personnellement émotionnellement impliqué.
(j'ai beaucoup de difficulté à expliquer le problème par des mots). Je n'arrive pas à me dissocier de la souffrance (supposée) d'autrui.

Sinon il faut que j'arrive à faire connaître l'enseignement du Bouddha à mes proches et comme ça il n'y aura plus de problèmes Wink


Avoir le sentiment que les proches vivront ceci ou cela, est dans la méditation, une réflexion de notre propre mental, de notre ego.C'est ce que m'inspire ce genre de méditation ou d'idées au cours de ZAZEN.
De plus les Lamas expliquent que , dans les rituels (Tchenrézig, Tonglen, Vajrasattva... ou autre), il est important de toujours terminer sur la vacuité, afin d'éliminer les traces de souffrances, qui n'apporteront rien.
Je vous joins un lien sur le Bardo Thodol, dans lequel , des explications et un Enseignement est donné par un Lama à propos d'un méditation-accompagnement pour un mort:

https://www.youtube.com/watch?v=xMuVEiUNTiQ

Bonne lecture.
Deulma lhamo
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MessagePosté le: Sam 12 Sep 2015 - 10:28    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Page 131. Le Vol Du Garuda.

"Lorsqu'il n'est pas fait de distinction entre cette vie et la suivante votre condition existentielle originelle est réalisée(parfaite)"

Je m'imprègne de cette phrase de la non dualité. Combien d'année encore? Very Happy
Cette conscience lucide est difficile a acquérir, elle est le fruit de longues méditations et surtout d'une confiance sans bornes en (Samanthabadra, Bouddha originel). Nombreux sont les noms que l 'on puisse lui donner. Le lumineux. Quelle paix pour aborder ce passage. Mais lors de ce passage nous ne savons pas quelles seront nos pensées dans l'espace de l'esprit miroir .
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MessagePosté le: Sam 12 Sep 2015 - 10:46    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Gepec a écrit:
En fait ce qui me tracasse vraiment, c'est que ma propre mort soit une source de souffrance pour autrui.
Même si je progresse suffisamment pour ne plus connaître cette souffrance liée à la mort, le fait de savoir que d'autres personnes en souffriront nuira à mon bonheur.

Le fait de nous torturer pour les souffrances supposées que vivront les autres à notre mort, est peut étre le signe d'un sentiment égotique trop prononcé (je suis irremplaçable) ? Les autres sont souvent plus forts que nous ne l'imaginons.

Bien sûr, ils souffriront de notre disparition, mais pas au point, généralement, d'effondrer leur univers. Cela peut même être le déclic qui va les pousser à se prendre en main, à se battre. Voilà pourquoi, sans doute, les politiciens évitent de tuer leurs opposants pour ne pas en faire des martyrs.

Bon, toute règle a ses exceptions. Des personnes s'effondrent et sont inconsolables. Mais que leur proposer d'un point de vue bouddhiste, une fois offerte l'indispensable compassion que nous devons avoir envers elles ?

Des amis créoles m'avaient fait part de cette formule qui est récitée aux Antilles lors des veillées mortuaires :
"Pa pléré ! Kitéy pati."
Qui veut dire : "Ne pleurez pas ! Laissez-le s'en aller." (ne retenez pas le mort avec vos pleurs).

Je crois que les tibétains partagent la même philosophie. Et sans doute aussi, beaucoup d'européens sensibilisés à cet aspect des choses.
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MessagePosté le: Sam 12 Sep 2015 - 13:13    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort Répondre en citant

Arrêtez d’embêter les morts ... laissez-les continuer à vivre leur vie.
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Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:34    Sujet du message: Grande tristesse lors d'une méditation sur la mort

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