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Divertissement : Et pourquoi je fermerais ma gueule ?

 
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Serge Z.
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MessagePosté le: Jeu 17 Déc 2015 - 15:16    Sujet du message: Divertissement : Et pourquoi je fermerais ma gueule ? Répondre en citant

Je me posais la question de "l'intervention", ici ou ailleurs ... droit et devoir de l’interventionniste.
Compte tenu de la grande règle démocratique du "tout le monde est pareil", mais observant néanmoins sans cesse que "égalité n'était pas synonyme de justice", et du fait même que le droit égalitariste d'intervention pouvait être revendiqué par n'importe qui et à n'importe quel moment, comme le synthétise parfaitement bien une formule devenue maintenant célèbre : "c'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule", compte tenu donc de toutes ces juxtapositions, il est devenu un acquis démocratiquement indétrônable ; tout le monde a le droit d'intervenir, à tout moment et dire n'importe quoi, et surtout n'importe comment.
Ceci dit la question de la justesse de l'intervention pourrait se poser, ce qui pousserait, malheureusement, à se demander si, en l'occurrence, le droit égalitaire était en lui-même "juste". Nous devrions alors aussi nous prononcer sur "le juste" en lui-même, précisément, et à ce qui conditionnait celui-ci, ou à contrario ne le conditionnait pas, avec pour pensée lancinante que, peut-être, ce juste était auto-produit, que, peut-être, il apparaissait "spontanément" ? ... Mais alors, à qui profiterait le crime ?
Après que chacun ait opté pour un "statut de juste" qui lui convienne et qui surtout dérange le moins possible ses propres certitudes. Après que ce statut ait été ancré dans le faisceau des certitudes profondes, voilà que nous nous retrouvons, circulairement, à devoir subir la loi des règles imposées par "le sens et la notion du bien", "le paradis et l'enfer" d'autres disent. J'ai le droit, mais le sens en est-il bon ? C'est là qu'intervient l'instinctive spontanéité du non-choisi, ... seulement voilà, il y a les autres et la peur du soi-même, la peur des réactions profondément rampantes d'un souvenir protéiforme. Je ne le connais pas assez et ne peux, en toute tranquillité, préjuger de ce moi-même, comment réagirait-il ? Naissance d'une tumeur maligne.
Le cri silencieux de celui qui en souffre est en lui-même un non-sens, voire même un contresens. Ainsi, comme l'exprime un vieux "dit-on" populaire : "on ne peut rien y faire, c'est comme ça, faut vivre avec".

Sönam
________________________________________
La nature de la variété des phénomènes est non-duelle
Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
La condition authentique "telle quelle" ne devient pas un concept
Et pourtant elle se manifeste totalement par la forme, toujours bonne.
Puisque tout est déjà parfait, guéris de la maladie de l'effort
Et demeure naturellement dans l'autoperfection : c'est cela la contemplation.

- Les six vers de vajra -
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MessagePosté le: Jeu 17 Déc 2015 - 15:16    Sujet du message: Publicité

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Yves
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Inscrit le: 02 Déc 2011
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MessagePosté le: Jeu 17 Déc 2015 - 19:06    Sujet du message: Divertissement : Et pourquoi je fermerais ma gueule ? Répondre en citant

cela me fait penser à la parole juste

je vous propose des extraits http://www.dhammadelaforet.org/sommaire/jayasaro/parole_juste.html:

Le Vénérable Ajahn Jayasaro, abbé du monastère international de Thaïlande Wat Pah Nanachat de 1997 à 2002, s’adresse ici à une assemblée composée de moines, de novices et de résidants temporaires, lors d’un entretien sur le Dhamma, le soir, au monastère.

Citation:
la parole juste est définie comme « l’intention de s’abstenir de mentir, de prononcer des paroles fausses, des paroles qui divisent, des paroles dures et des paroles superficielles


Citation:
Donc la parole, plus peut-être que tout autre chose, contribue à l’atmosphère générale d’une communauté. La qualité de parole a un effet important sur notre esprit. Elle peut créer un sentiment de bien-être, le sentiment de vivre dans un environnement sûr et stimulant, ou au contraire dans une atmosphère d’hostilité où chacun ne se préoccupe que de lui-même et se libère de ses frustrations au détriment des autres.


Citation:
Il est presque impossible, quand la base sous-jacente de nos pensées et de notre vision des choses est erronée, que ceci n’apparaisse pas dans nos paroles. Nous pouvons nous mentir et refuser de voir les kilesa qui souillent notre cœur mais, en réalité, nous avons tout intérêt à être attentifs à nos paroles car nous disposons là de quelque chose de tangible pour voir se refléter au grand jour nos pensées et nos attitudes erronées. A ce moment-là, le danger est d’essayer d’effacer ce que l’on a pu dire en se rétractant — « Je ne pensais pas ce que j’ai dit » — alors que c’est précisément là que nous pouvons prendre au piège les kilesa.


Citation:
Le Bouddha a dit que, si nous acceptons humblement les remarques des autres simplement parce que cela peut nous rapporter quelque chose, il ne s’agit pas d’une humilité et d’une souplesse authentiques. Ces qualités doivent être développées par amour, respect et dévotion au Dhamma. Le but n’est pas de développer des qualités par rapport aux autres ou à nos désirs mais par dévotion pour le Dhamma et par aspiration à la réalisation de la Vérité.


Citation:
Il y a un autre Sutta que j’aime beaucoup et auquel je pense toujours quand j’aborde la question de la Parole Juste. Le Bouddha y fait la distinction entre le sage et l’insensé. Il dit que l’insensé aime parler de ses propres qualités même si personne ne le lui demande. Il va se vanter et claironner ses soi-disant vertus dans tous leurs détails. Quant à ses défauts, il les cache ou n’en parle pas. Si on lui pose une question directe à ce propos, il essaie de l’éviter ou bien répond très brièvement en invoquant des tas d’excuses. Quant à parler des autres, même si personne ne le lui demande, il se plaît à parler de leurs défauts et à les développer dans le détail, quitte à spéculer et exagérer beaucoup. Par contre, il évite de parler des qualités des autres. Il s’étendra sur ses propres vertus mais si on l’oblige à parler de celles de quelqu’un d’autre, il sera très expéditif et atténuera les qualités de l’autre par des critiques : « Oui, il ou elle est très …, mais … »


Citation:
Les cinq critères de ce que l’on appelle La Parole Juste sont : la parole vraie et bénéfique, prononcée au bon moment, poliment et gentiment, avec mettā (une authentique bienveillance), et sans aucune intention de rabaisser la personne ou de la rendre malheureuse.


Citation:
Pourtant, dire : « Je ne fais cela que pour aider la personne et voilà comment elle me traite ! » ou encore : « Je veux bien être critiqué mais, quand c’est exprimé de cette manière, je ne peux pas l’accepter », dénote un manque de confiance dont nous devons nous défier.

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MessagePosté le: Jeu 17 Déc 2015 - 19:33    Sujet du message: Divertissement : Et pourquoi je fermerais ma gueule ? Répondre en citant

Citation:

« Si le Tathâgata sait qu'une parole n'est pas vraie, pas véridique, pas profitable, pas plaisante et pas agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, mais qu'elle n'est pas profitable, pas plaisante et pas agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, profitable mais qu'elle n'est pas plaisante ni agréable aux autres, le Tathâgata sait à quel moment la dire.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole n'est pas vraie, pas véridique, pas profitable, mais qu'elle est plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, mais qu'elle n'est pas profitable bien qu'elle soit plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, profitable, qu'elle est plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata sait à quel moment la dire. »

--- Sâdhaka sutta


J'aime beaucoup celle la : « Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, mais qu'elle n'est pas profitable bien qu'elle soit plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

Faut-il être éveillé pour savoir ce qui est profitable aux autres ?
Dans ce cas, on n'intervient jamais alors ? Embarassed
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MessagePosté le: Jeu 17 Déc 2015 - 19:59    Sujet du message: Divertissement : Et pourquoi je fermerais ma gueule ? Répondre en citant

Yves a écrit:
Il est presque impossible, quand la base sous-jacente de nos pensées et de notre vision des choses est erronée, que ceci n’apparaisse pas dans nos paroles. Nous pouvons nous mentir et refuser de voir les kilesa qui souillent notre cœur mais, en réalité, nous avons tout intérêt à être attentifs à nos paroles car nous disposons là de quelque chose de tangible pour voir se refléter au grand jour nos pensées et nos attitudes erronées. A ce moment-là, le danger est d’essayer d’effacer ce que l’on a pu dire en se rétractant — « Je ne pensais pas ce que j’ai dit » — alors que c’est précisément là que nous pouvons prendre au piège les kilesa.

Ce que j'ai retenu du satipathana sutta (interprétation perso), c'est que oui, il faut de l'éthique, oui il faut de la concentration, mais que le coeur de la pratique était de "savoir" à tout moment dans quel état d'esprit nous nous trouvions. Et sans porter le moindre jugement de valeur sur cet état. On retrouve donc, au coeur du Canon Pali, cette incitation à la présence, chère au Dzogchen.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:54    Sujet du message: Divertissement : Et pourquoi je fermerais ma gueule ?

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