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les Trois Refuges

 
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Yves
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MessagePosté le: Mar 26 Jan 2016 - 16:57    Sujet du message: les Trois Refuges Répondre en citant

Ajahn Sumedho a écrit:
A peu près toutes les traditions bouddhiques incluent la prise de refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Sangha. Ils représentent les trois points où se focalisent notre engagement et nos réflexions sur la pratique

Le premier refuge: le Bouddha

Le premier refuge est le Bouddha que l'on représente souvent en photo ou en statue sur un autel. On peut se demander pourquoi les bouddhistes ont des représentations du Bouddha. Sont-elles des idoles que l'on adore? Ont-elle une espèce de pouvoir divin? Pas du tout. C'est une image à laquelle nous pouvons réfléchir.

Quand on observe une statue du Bouddha, on constate qu'elle représente un être humain qui est à la fois posé, alerte et serein. Il est face au monde, il regarde les choses. Il est conscient du monde sans se laisser tromper ou piéger par lui. Il n'est ni extatique ni déprimé. Il représente la capacité d'un être humain à être complètement calme et à voir les choses telles qu'elles sont, et cela en fait un parfait objet d'observation pour l'esprit. Quand on regarde une statue du Bouddha, on se sent plus calme, c'est pourquoi vivre entouré de représentations du Bouddha est agréable - ce sont des objets très paisibles qu'il fait bon d'avoir autour de soi.

Bien entendu, quand on s'entoure de sculptures qui représentent de grandes passions comme la colère, l'extase et tout ce qui peut attirer et attiser les passions en nous, nous devenons passionnés et enflammés. Nous devenons ce que nous regardons. ce qui nous entoure agis sur notre esprit. Donc plus on médite, plus on choisit de s'entourer de choses qui incitent à la paix plutôt qu'à l'excitation.

Dans un monastère, les moines et les nonnes font la traditionnelle offrande de bougies, d'encens et de fleurs, chaque matin devant l'autel du Bouddha. Les fleurs sont l'un des plus jolis présent que l'on puisse offrir par ce qu'elles sont l'une des plus belles choses produites par le terre. Des fleurs fraîches mettent en valeur n'importe quel endroit, jamais elles n'enlèvent ni ne gâchent quoi que ce soit. De plus dans le bouddhisme elles ont un symbole de pureté morale. Généralement les statues de Bouddha le représentent assis sur une fleur de lotus. Dans le sud-est asiatique, les lotus poussent dans les mares et marécages. Ils s'élèvent au dessus de la boue et de la vase et produisent une fleur magnifique. C'est exactement comme un être humain moral. Un être humain qui assumes la responsabilité de ses actes est toujours un être qu'il est bon d'avoir près de soi. Partout où il va, il est le bienvenue, il rend les choses et les situations plus belles, plus élevées. Par contre, les personnes égoïstes, immorales et insouciantes étouffent le monde comme de mauvaises herbes. C'est pourquoi le Bouddha est assis, symboliquement, sur ce trône de lotus. De la sagesse du Bouddha ne peut émerger que la pureté morale.

Les êtres humains peuvent atteindre n'importe quel niveau. Nous pouvons vivre, comme beaucoup de gens, au niveau instinctif de notre corps, en suivant les instincts animaux qui consistent à se nourrir, dormir et procréer. Nous pouvons même aller en dessous de ce niveau en étant obsédés par des désirs très primaires. Il y a beaucoup d'êtres humains qui vivent ainsi. Ce ne sont pas vraiment des êtres humains mais plutôt des espèces de fantômes vivant dans un monde crépusculaire d'appétits obsessionnels et de désirs insatiables, comme les toxicomanes ou les alcooliques. Ou bien ce sont des espèces de démons dont l'énergie malveillante vise à détruire ou à blesser les autres. Etre doté d'un corps humain ne signifie pas nécessairement que l'on est pleinement humain. ce n'est pas si facile. La sphère des humains est profondément touchée par la moralité, de sorte qu'être humain implique aussi un élément mental.

Ce n'est que lorsque nous décidons d'accepter la pleine responsabilité de notre vie que nous devenons des êtres humains à part entière. Pour être humain, il faut faire preuve d'un certain effort pour s'élever, pour être responsable. Ce n'est pas quelque chose qui nous arrive tout seul, il faut le vouloir. Nous devons décider d'être d'une certaine manière et mettre en oeuvre, dans notre vie une forme d'engagement et d'effort. Dans le cas contraire, nous nous contentons de suivre nos pulsions instinctives, lesquelles se situent au niveau de la bassesse et de la faiblesse. En faisant un effort, nous nous élevons à un autre niveau. Tel est le symbole de la fleur ou du lotus.

Quand nous prenons refuge dans le Bouddha, nous prenons refuge en ce qui est sage. Le mot "Bouddha" est en réalité un autre mot pour "sagesse humaine". Il signifie "celui qui connaît la vérité" ou encore "ce qui sait". Si vous vous dites bouddhiste, vous pouvez penser que vous avez embrassé une religion ou que vous pouvez considérer que vous avez pris refuge en la sagesse. On manifeste de la sagesse en réfléchissant aux choses ou en les observant. La sagesse est déjà présente, ce n'est pas quelque chose que vous allez obtenir, mais que vous allez utiliser. Il est faux de croire que vous allez devenir sage en méditant; la méditation est une façon d'apprendre à utiliser la sagesse déjà présente. Donc, en méditation, on observe et on réfléchit au Dhamma, c'est à dire à la vérité de ce qui est. En faisant cela, on utilise la sagesse, cette sagesse que l'on a mais que l'on utilise peut-être pas toujours ou dont on n'est pas toujours conscient.

Dans la récitation que nous faisons chaque jour dans les monastères, le Bouddha est appelé l'arahant, le sammasambuddha. Ces termes palis s'appliquent à ce qui est véritablement pur et éveillé. Sammasambuddha signifie celui qui est illuminé par la connaissance de sa nature propre. Arahant décris un être humain perfectionné, qui voit clairement et ne se laisse pas tromper par les apparences ni par le conditionnement de l'esprit.

On dit aussi du Bouddha qu'il est vijjacaranasampanno, ce qui signifie parfait sur les plans de la connaissance et du comportement - par opposition à savoir ce qui est juste et se comporter autrement. Beaucoup d'enseignant agissent ainsi de nos jours. Ils écrivent des livres, donnent des enseignements et comprennent à un certain niveau mais leurs actes ne correspondent pas avec leurs connaissances. Par contre un Bouddha est ce qu'il sait. Il vit ainsi : vijjacaranasampanno, parfait dans la connaissance et le comportement.

Un autre attribut du Bouddha est lokavida, ce qui signifie qu'il voit le monde, qu'il connaît le monde tel qu'il est. Où est le monde que le Bouddha connaît? Quand on réfléchit à la question: "ou est le monde?", on s'aperçoit qu'il est dans notre esprit. En général, ce n'est pas ainsi que l'on conçoit le monde, on le voit plutôt comme la planète. On regarde une carte et on voit que la Suisse est en bleu et que l'Angleterre est rose. On pense à l'Asie, l'Australie et l'Amérique comme au monde, comme quelque chose que l'on peut connaître parce qu'il y a des cartes ou parce qu'on a étudié l'histoire et la géographie. Mais le vrai monde est dans l'esprit et on connaît le monde quand on connaît son esprit. En observant l'esprit et en y réfléchissant, on découvre le monde tel qu'il est, tel qu'il apparaît vraiment dans notre conscience - les peurs, les désirs, les idées et les opinions, les perceptions qui vont et viennent. tel est le sens de lokavida.

Le Bouddha est sarathi, ce qui signifie le conducteur de char, celui qui dirige l'équipage. Cela signifie que, lorsque nous prenons refuge dans le Bouddha, nous laissons ce qui est sage conduire plutôt que ce qui est stupide et ignorant. Nous nous tournons vers notre sagesse de Bouddha et elle nous fait travailler. En nous ouvrant à la sagesse, nous nous entraînons à vivre intelligemment. Nous apprenons à vivre dans notre corps et dans la société avec bonté et gentillesse. Nous apprenons à être utile au lieu d'être un poids ou une plaie pour le monde. Le Bouddha enseigne (sattha) aux dieux dans les royaumes célestes de même qu'il enseigne à tous les êtres humains. Cela signifie qu'il entraîne toutes les créatures vertueuses à voir les choses avec justesse, à connaître la vérité.


Le deuxième refuge : le Dhamma

On peut personnifier le Bouddha, en faire des images humaines, mais le refuge suivant, le Dhamma, n'a aucune qualité personnelle. On ne peut pas en faire une image humaine. le symbole généralement utilisé pour représenter le Dhamma est celui d'une roue (dhammacakka). Dhamma signifie "vérité", la vérité de ce qui est. Ainsi le Dhamma inclue tout - humain, animaux, anges et démons, tous les dieux - tout ce que l'on peut concevoir ou percevoir mais aussi la vérité immortelle. Le Dhamma inclut tout - la connaissance, la vérité, les conditions, toutes les expériences sensorielles, la vacuité et toutes les formes. Tout est Dhamma.

La méditation est un moyen de s'ouvrir au Dhamma. On s'ouvre à la vérité. Quand nous récitons les stances sur le Dhamma, nous disons qu'il est "apparent ici et maintenant" (sanditthiko), "hors du temps" (akaliko), qu'il "encourage l'investigation" (ehipassiko), qu'il mène à la libération (opanayiko)), qu'il doit être "expérimenté par soi-même" (pacattam), et qu'il est "réalisable par les sages" ( veditabbo vinnahi). Tous ces mots pointent vers l'ici et maintenant. Quand on s'ouvre à la vérité, on ne recherche rien de particulier, on ne se concentre pas sur un objet en disant: "est ce la vérité?" S'ouvrir à la vérité, c'est ouvrir son esprit plutôt que de le concentrer sur une seule chose. Ainsi, prendre refuge dans le Bouddha et le Dhamma nous rappelle à cet état d'attention vigilante. Nous n'essayons pas de nous concentrer sur ceci et de nous débarrasser de cela; nous ne nous laissons pas piéger par les habitudes de laisser-aller et de refoulement. Quand nous nous ouvrons - quand nous apprenons à nous ouvrir ici et maintenant - nous éprouvons un sentiment de paix par ce que nous ne cherchons pas à nous raccrocher à quoi que ce soit. Nous ne courrons plus dans tous les sens, nous mettons fin à la course désordonnée. Ainsi, s'ouvrir au Dhamma est la voie qui mène à la paix, cette paix que nous devons réaliser par nous-même. Nous devons réaliser la vérité par nous-même; il ne s'agit pas d'attendre que quelqu'un d'autre la réalise pour nous et nous dise en quoi elle consiste.

Le Bouddha et le Dhamma ne sont pas de gentils petits concepts que l'on évoque dans les récitations; ils sont la pour donner matière à réflexion. Ce sont des enseignements que nous étudions et que nous appliquons à notre expérience vécue. Plutôt que penser au Bouddha comme à un prophète mort il y a 2500 ans, nous devons y penser comme au représentant de cette sagesse en chacun de nous, cette sagesse qui nous situe dans l'instant présent. Inutile d'aller chercher le Bouddha dans l'Himalaya. Prendre refuge ne signifie pas chercher quelque chose quelque part, mais s'ouvrir à ce qui est ici et maintenant. Prendre refuge, c'est regarder comment les choses sont réellement et non comme nous pourrions les concevoir par romantisme.

Le troisième refuge: le Sangha

Le Sangha est la société ou la communauté des êtres vertueux, ceux qui pratiquent, qui font preuve de sagesse, qui contemple la vérité. Quand on prend refuge dans le Sangha, on ne prend plus refuge dans sa personnalité ou dans ses capacités personnelles mais dans quelque chose de plus grand. Dans le Sangha tout est en commun et les personnalités perdent de leur importance. Que l'on soit homme ou femme, jeune ou vieux, éduqué ou pas, tous ces facteurs ne sont plus importants. Le Sangha représente ceux qui pratiquent, ceux qui mène une vie droite, ceux qui contemple la vérité et font preuve de sagesse.

Prendre refuge dans le Sangha signifie que l'on est prêt à abandonner ses qualités personnelles, ses exigences et ses attentes en tant qu'individu unique. On abandonne cela pour le bien du Sangha, de ceux qui pratiquent, qui avancent vers la vérité, qui réalisent la vérité.

Rendre hommage aux Trois Joyaux

Ces trois refuges - le Bouddha, le Dhamma et le Sangha - sont souvent appelés les Trois Joyaux. Ce sont des joyaux sans prix auxquels nous rendons hommage et, ce faisant, nous nous ouvrons à eux. Éprouver des sentiments de dévotion et de respect est très bon pour les êtres humains. Quelqu'un qui ne respecte rien, qui ne ressent ni amour ni gratitude, est assez déplaisant. La compagnie des gens qui se plaignent, critiquent, exigent, comme de ceux qui sont têtus et orgueilleux, n'est guère agréable. L'attitude de celui qui dit: "Je suis trop bien pour me prosterner devant qui que ce soit" est de l'arrogance, c'est un aspect laid de l'humanité.

La pratique de la dévotion à pour but de nous ouvrir, de nous donner nous-même en offrande en nous prosternant. La prosternation est un mouvement physique dans lequel nous nous offrons réellement, nous offrons ce corps, cette forme humaine à la vérité. Nous abaissons notre tête jusqu'au sol, mettant cette partie de nous, à laquelle nous nous identifions, au pied du Bouddha - nous nous offrons à la vérité.

C'est ainsi qu'il faut considérer la tradition et, si vous le souhaitez, vous pouvez l'utiliser de cette manière. Mais si vous trouvez que c'est beaucoup de fatras inutiles, ne vous en préoccupez pas. Ce n'est pas quelque chose que l'ont vous impose mais quelque chose qui peut vous être utile... ou pas - à vous de voir. Apprendre à utiliser ces traditions demande un certain effort mais quand on les utilisent bien et de manière consciente, elles mettent de la beauté dans notre quotidien. Nous pouvons alors avoir de la grâce, du style et un sentiment de communion en tant que Sangha. Nous formons un tout, au lieu d'être un groupe d'individus qui font chacun ce qui leur plaît. Nous apprenons à nous conformer ainsi, dans un acte de dévotion, d'amour, de gratitude et de respect.


erf c'était long à taper c'est drole comme j'ai reçu le texte de façon très différente de la lecture...

le "ou pas - à vous de voir" est vraiment formidable

sinon à force de transcrire je n'y voyais plus guère, si jamais des fautes se sont glissées malgré ma relecture signaler les moi

bien à tous
________________________________________
oui à ce qui est
tout change
tout est maintenant
Les membres suivants remercient Yves pour ce message :
_bodhi (26/01/16), jerome (27/01/16)
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MessagePosté le: Mar 26 Jan 2016 - 16:57    Sujet du message: Publicité

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