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Paraboles Zen
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Compagnon
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MessagePosté le: Mar 17 Mai 2016 - 14:33    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Petit rappel de définition (c'est toujours utile de savoir de quoi l'on parle) :

Parabole : Court récit allégorique, symbolique, de caractère familier, sous lequel se cache un enseignement moral ou religieux, que l'on trouve en particulier dans les livres saints. (CNRTL/Ortolang).

La parabole ci-dessous est extraite d'une site anglais universitaire : http://www.ic.sunysb.edu/Clubs/buddhism/story/.
Librement traduite par mes soins. En note, après, la courte biographie wikipédia de son auteur (afin que l'on sache qui parle).


L'esprit du débutant

Une jour, un enseignant se rendit auprès d'un maître Zen. Il lui demanda d'expliquer la signification du Zen. Le Maître versa tranquillement du thé dans une tasse. La tasse fut remplie, mais il continua à verser du thé.

Le professeur ne pouvant pas supporter cela plus longtemps, questionna le Maître avec empressement :

«Pourquoi continuez vous de remplir la tasse alors qu'elle est plaine ?"

Le Maître répondit :

«Je cherche à attirer votre attention sur le fait que , de la même façon, vous essayez de comprendre le Zen alors que votre esprit est déjà plein. Commencez par vider votre esprit des idées préconçues avant de tenter de comprendre le Zen."

"Si votre esprit est vide, il est toujours prêt pour tout, il est ouvert à tout. Dans l'esprit d'un débutant il y a beaucoup de possibilités, dans l'esprit de l'expert il y en a peu."


Suzuki Roshi



L'auteur :

Shunryu Suzuki (鈴木 俊隆 Suzuki Shunryū, en religion Shōgaku Shunryū 祥岳俊隆) (18 mai 1904 - 4 décembre 1971) fut l'un des maîtres les plus marquants et les plus respectés de la lignée de Dôgen de l'école zen Sōtō; il influença le bouddhisme aux U.S.A. . Il est né dans la préfecture de Kanagawa au Japon et fut admis comme disciple de Gyokujun So-on-roshi, un maître zen qui avait été le disciple de son père. Il étudia à l'université bouddhique Komazawa, puis aux monastères d'Eihei-ji et de Sōji-ji.

En 1958, à cinquante-trois ans, maître zen déjà profondément respecté au Japon, Shunryu Suzuki partit pour les États-Unis et s'installa à San Francisco. Sous sa direction, sept centres de méditation ouvrirent en Amérique dont le Tassajara Zen Mountain Center (en), premier monastère zen hors d'Asie.

Suzuki est décédé au centre zen de San Francisco en 1971.

"Esprit zen, esprit neuf" a été conçu par une disciple de Suzuki, Marian Derby, qui a rassemblé des enseignements donnés par son maître à Los Altos. Trucy Dixon et Richard Baker (successeur de Suzuki) ont mis en page et supervisé sa publication.

Suzuki a souvent été confondu avec le maître zen D.T. Suzuki, ce qui lui faisait dire : "Non, il est le grand Suzuki et moi, je suis le petit."

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MessagePosté le: Mar 17 Mai 2016 - 14:33    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 18 Mai 2016 - 14:02    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Autre parabole, même source que la précédente, traduite aussi par mes soins :

La Voie.

Une personne demanda au Maître Zen Wei K'uan :

-"Où est le chemin?"

- « Sous vos yeux. »

- «Pourquoi ne puis-je le voir ? »

- "Vous ne le voyez pas parce que vous avez la notion de « Je »."

- "Parce que j'ai la notion de « Je », je ne le vois pas. Le Maître le voit-il ?"

- "La notion de « Il », ajouté a la notion de « Je », vous empêche de même de le voir."

- "S'il n'y a aucune notion de « Il » et de « Je », peut-il être vu ?"

- "Si il n'y a ni « Il » ni « Je », alors qui veut le voir ?"




J'ai aussi trouvé la traduction suivante ici : http://eveilphilosophie.canalblog.com/archives/2011/06/22/21455848.html

Un moine demanda à Wei-kuan (maître zen de la dynastie Tang) :

"Où est le Tao ?"

"Droit devant nous".

"Pourquoi est-ce que je ne le vois pas ?".

"Vous ne pouvez pas le voir à cause de votre égoïsme".

"Si je ne peux pas le voir à cause de mon égoïsme, Votre Révérence le voit-elle ?"

"Tant qu'il y a "moi et vous", cela complique la situation et il n'y a pas de vision du Tao".

"Lorsqu'il n'y a ni "moi" ni "vous", le Tao est-il vu ?

"Quand il n'y a ni "moi" ni "vous", qui est là pour voir ?"

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MessagePosté le: Mar 24 Mai 2016 - 15:32    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Librement traduit par mes soins de l'anglais :

Le voleur et le Maître

Un soir, alors que le maître de Zen Shichiri Kojun récitait des sutras, un voleur, armé d'une lame aiguisée, pénétra chez lui et l'apostropha : « la bourse ou la vie » !

Parfaitement serein, Shichiri lui répondit, "Ne me distrais pas ! L'argent est dans ce tiroir, sers-toi". Et il reprit sa récitation de sutras.

Surpris par cette réaction inhabituelle, le voleur poursuivi néanmoins son forfait. Pendant qu'il se servait, le Maître interrompit sa récitation et l'interpella : "Ne prends pas tout. Laisse m'en un peu afin que je puisse payer mes impôts demain".

Le voleur laissa un peu d'argent et se prépara à quitter les lieux. Soudain, juste avant qu'il ne sorte , le maître le réprimanda "Tu as pris mon argent et tu ne me remercies même pas ?! Quel manque de respect !".

Cette fois, le voleur fut vraiment ébranlé par un tel sang-froid . Il remercia le maître et prit la fuite. Il raconta plus tard à ses amis que de toute sa vie il n'avait connu pire frayeur.

Quelques jours plus tard, le voleur fut appréhendé et avoua, entre autres méfaits, le vol dans la maison de Shichiri.

Quand on appela le Maître à témoigner , il affirma : "Non, cet homme ne m'a rien dérobé. Cet argent je le lui ai donné. Il m'a même témoigné sa gratitude."

Le voleur en fut tellement ému qu'il fit voeu de se repentir. Après avoir purgé sa peine de prison, il entra comme disciple auprès du Maître et après un certain nombre d'années, il a atteint l’Éveil.

From: Zen Flesh, Zen Bones; Paul Reps; 1961 Doubleday Anchor Books, New York


Quand j'ai découvert cette parabole j'ai été frappé par la similitude d'avec le récit impliquant Jean Valjean et Monseigneur Myrielle dans le roman de Victor Hugo "Les Misérables".
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MessagePosté le: Mer 25 Mai 2016 - 06:15    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Excellent comme toujours Compagnon, merci pour ces paraboles rafraîchissantes ! Very Happy
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MessagePosté le: Mer 25 Mai 2016 - 06:44    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Tant mieux si en plus d'être édifiant cela fait plaisir. Smile

Une autre traduite vite fait ce matin :


Une leçon de Ryōkan .

Il y avait un maître Zen japonais du nom de Ryōkan . Un jour, Ryōkan entendit sa famille se plaindre de son neveu parce qu'il dilapidait son argent avec des prostituées. Ryōkan rendit visite à son neveu qu'il n'avait pas vu depuis des années.

Celui-ci l'invita à rester pour la nuit. Ryōkan passa toute la nuit à méditer. Alors qu'il se préparait à partir le lendemain matin, il demanda à son neveu :

« Je dois être devenu bien vieux, mes mains tremblent tant, pourrais-tu m'aider à nouer le lacet de ma sandale de paille ? »

Son neveu l'aida.

Ryōkan lui dit alors : « Merci, un homme vieillit et s'affaiblit jour après jour. Prend bien soin de toi. »

Puis Ryōkan partit, il ne fit aucune allusion aux prostituées ni aux plaintes de la famille. Mais à partir de ce jour, son neveu se réforma profondément, il cessa de dilapider son argent avec les prostituées et de mener une vie dissolue.



Je suppose que le Ryōkan en question est celui-ci :

Ryōkan Taigu (大愚 良寛, Taigu Ryōkan, 1758-1831) était un moine et ermite, poète et calligraphe japonais. Né Eizō Yamamoto (山本 栄蔵, Yamamoto Eizō), il est plus connu sous son seul prénom de moine Ryōkan (良寛, signifiant « Grand-Cœur »). Ryōkan est l'une des grandes figures du bouddhisme zen de la fin de la période Edo. Au Japon, sa douceur et sa simplicité ont fait de lui un personnage légendaire.

Sa vie d'ermite est souvent la matière de ses poèmes. Un soir que sa cabane a été dépouillée de ses maigres biens, il compose ce qui deviendra son haïku le plus connu et dont il existe de nombreuses traductions en diverses langues ; en voici deux en français :

« Le voleur parti / n'a oublié qu'une chose – / la lune à la fenêtre. »
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MessagePosté le: Jeu 26 Mai 2016 - 07:30    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Celle là est plus... cryptique. Son sens n'est pas évident je trouve, j'ai quelques idées sur le sujet a vous de voir.


Yajnadatta, le fou.

"Le Sutra Shurangama raconte l'histoire de Yajnadatta, le fou de Shravasti, qui, un jour, se regardant dans un miroir, remarqua que la personne qui s'y réfléchissait avait une tête.

A ce moment-là, il perdit la raison et dit:

Comment se fait-il que cette personne ai une tête et moi non ? Où ma tête s'en est-elle allée ?

Il se mit a alors a parcourir les rues comme un sauvage ,demandant à tous ceux qu'il rencontrait :

«Avez-vous vu ma tête? Où est-elle passée ? ».

Il aborda tous ceux qu'il rencontrait, mais personne ne comprenait ce qu'il faisait.

« Il a déjà une tête », disaient-ils.

« Pourquoi en cherche t-il une autre ? »

Il y a beaucoup de gens comme le pauvre Yajnadatta. "

- Maître Hsuan Hua




Le Vénérable Xuanhua (Maître bouddhiste Chan).


Vénérable Xuanhua (ch: 宣化上人 Xuānhuà shàngrén), ou Hsüan Hua (16 avril 1918 - 7 juin 1995), fut un maître bouddhiste taïwanais charismatique.

Ayant fait vœu de répandre le bouddhisme en Occident, il se rend à San Francisco à la fin des années 1950. Parti de rien, il a créé en trois décennies des dizaines de centres, dont notamment celui fondé en 1976 à Talmage , en Californie, la Cité des dix mille Bouddhas (萬佛聖城 The City of Ten Thousand Buddhas qui reste l'un des plus grands monastères aux États-Unis. Il est ainsi un des précurseurs modernes diffusant le bouddhisme en Occident, tout en ayant des adeptes à Taïwan.

Il a créé l'organisation internationale Dharma Realm Buddhist Association

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Serge Z.
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MessagePosté le: Jeu 26 Mai 2016 - 10:56    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

En écho, le chant six (et les suivants à découvrir) du Vol du Garouda de Lama Shabkar (*) ...

Chant Six
Initiation à Notre Véritable Condition Existentielle

EHMAHO ! Écoutez encore, enfants bien-aimés de mon cœur ! L’esprit, ce concept universel, ce mot des plus significatifs, n'étant pas une entité unique, se manifeste en tant que gamme des plaisirs et des peines dans le samsara et le nirvana. Il existe autant de croyances à son égart qu'il existe d'approches de la bouddhéité. Il possède d'innombrables synonymes.

Dans la langue vernaculaire il est « Je », certains hindous l'appelle « Soi », les disciples śrāvaka disent « individu sans soi », les pratiquants de l’Esprit-seulement l'appelle simplement « esprit », certains l'appellent « parfaite pensée intuitive profonde », certains l'appellent « nature de bouddha », certains l’appellent « magnifique attitude », certains l'appellent « Voie du Milieu », certains l’appellent « Graine Cosmique », certains l’appellent « continuum de réalité », certains l’appellent « base universelle », certains l’appellent « conscience ordinaire95 ». Puisque les synonymes de l’esprit, les étiquettes que nous lui appliquons, sont innombrables, connaissez-le pour ce qu'il est vraiment. Connaissez-le de manière expérimentale comme l’« ici et maintenant ». Reposez-vous dans l'état naturel de la nature de votre esprit.

Quand il est calmé, l'esprit est la perception ordinaire, nue et sans artifice, lorsque vous le regardez directement il n'y a rien d'autre à voir que la lumière. En tant que présence totale c'est la brillance et la vigilance détendue de l'état éveillé, en tant que rien de spécifique c'est une plénitude secrète, c'est le summum du rayonnement et de la vacuité non-duels.

Il n'est pas éternel car rien de ce qui le concerne n’a pu prouver son existence. Il n'est pas vacuité, parce qu'il est éclat et éveil. Il n'est pas unité, parce que dans la perception la multiplicité est par elle-même évidente. Il n'est pas multiplicité parce que nous connaissons la saveur unique de l'unité. Il n'est pas une fonction externe parce que le savoir est intrinsèque à la réalité immédiate.

Dans l'ici et maintenant immédiat nous voyons le visage du Seigneur Originel résidant dans le centre du cœur. Identifiez-vous à lui, mes fils spirituels. Quiconque le nie, désirant plus venant d’ailleurs, est comme l'homme qui a retrouvé son éléphant mais continue à suivre ses traces. Il peut prospecter les trois dimensions des systèmes du monde microcosmique pendant une éternité, il ne trouvera même pas le nom de Bouddha autre part que dans son cœur.

Telle est mon introduction initiant la reconnaissance de notre véritable condition existentielle, la principale réalisation de Trancher la Rigidité de la Grande Perfection.


(*) extrait du Vol du Garouda, traduit en Anglais par Keith Dowman (et par mes soins en français) aux éditions Almora
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Et pourtant chaque phénomène excède les limites de la pensée.
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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 - 14:03    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Tirée de ce site : http://www.ic.sunysb.edu/Clubs/buddhism/story/
Lié à la Stony Brook University. Etat de New York.
Librement traduit de l'anglais au français par mes "soins".


Un tas de merde séchée

Un jour, un célèbre haut-fonctionnaire d'état rencontra un vieux maître très respecté. Habité par la vanité (le haut fonctionnaire) voulut démontrer sa supériorité.

Comme leur conversation s'éternisait, il demanda au maître :

"Vieux moine, savez-vous ce que je pense de vous et de ce que vous dites ?!"

Le Maître répondit :

"Je ne me soucis aucunement de ce vous pensez de moi. Vous avez le droit d'avoir vos propres opinions".

Le haut-fonctionnaire grogna :

"Bien, je vous dirais quand même ce que je pense. A mes yeux, vous n'êtes qu'un tas de merde séchée !"

Le Maître se contenta de sourire et garda le silence.

Voyant que son insulte était tombée dans les oreilles d'un sourd, il demanda, par curiosité :

"Et que pensez-vous de moi ?"

Le Maître répondit :

"A mes yeux, vous êtes tel le Bouddha".

A cette réponse, le haut-fonctionnaire s'en repartit heureux et se venta de cet incident auprès de son épouse.

Sa femme lui répondit :

"Tu n'es qu'un fou vaniteux ! Quand une personne à le cœur tel un tas de merde séchée, elle voit tout le monde sous cette lumière. Le vieux Maître à un cœur semblable à celui du Bouddha, c'est pourquoi à ses yeux, tout le monde, même toi, est semblable au Bouddha !"

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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 - 15:20    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Compagnon a écrit:
Tirée de ce site : http://www.ic.sunysb.edu/Clubs/buddhism/story/
Lié à la Stony Brook University. Etat de New York.
Librement traduit de l'anglais au français par mes "soins".


Un tas de merde séchée

Un jour, un célèbre haut-fonctionnaire d'état rencontra un vieux maître très respecté. Habité par la vanité (le haut fonctionnaire) voulut démontrer sa supériorité.

Comme leur conversation s'éternisait, il demanda au maître :

"Vieux moine, savez-vous ce que je pense de vous et de ce que vous dites ?!"

Le Maître répondit :

"Je ne me soucis aucunement de ce vous pensez de moi. Vous avez le droit d'avoir vos propres opinions".

Le haut-fonctionnaire grogna :

"Bien, je vous dirais quand même ce que je pense. A mes yeux, vous n'êtes qu'un tas de merde séchée !"

Le Maître se contenta de sourire et garda le silence.

Voyant que son insulte était tombée dans les oreilles d'un sourd, il demanda, par curiosité :

"Et que pensez-vous de moi ?"

Le Maître répondit :

"A mes yeux, vous êtes tel le Bouddha".

A cette réponse, le haut-fonctionnaire s'en repartit heureux et se venta de cet incident auprès de son épouse.

Sa femme lui répondit :

"Tu n'es qu'un fou vaniteux ! Quand une personne à le cœur tel un tas de merde séchée, elle voit tout le monde sous cette lumière. Le vieux Maître à un cœur semblable à celui du Bouddha, c'est pourquoi à ses yeux, tout le monde, même toi, est semblable au Bouddha !"

Les histoires zen "eschatologiques" sont mes préférées Cool

C'est bien connu, en orient les femmes restent à la maison, histoire de dire que la réflexion duelle de la "Femme" au franc-parler, fait comme un tri (ou esprit discriminant) entre le coeur "merde séchée" d'une l'administration aux "pouvoirs temporels", et le coeur d'un "maitre" à l'"autorité spirituelle", dans l'intérieur de "l'Homme". ( Ce qui ressemble de près ou de loin à l'histoire de Pharaon et Moïse ouvrant la Mer Rouge).

Et un "cœur semblable à celui du Bouddha" étant forcément non-duel, toute la difficulté est de ne s'attacher ni à l'un, ni à l'autre.

"De l'Esprit-Un émerge la dualité, mais ne t'attache même pas à cet un."
Sosan

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dite, "paranoïaque" par un groupe de tartuffes virtuels adeptes du Shingon, du Zen et de Mettā ...

" Ne juge pas de l'immensité du ciel bleu à travers une paille."
" Les meilleurs enseignants sont ceux qui vous disent où regarder, mais ne vous disent pas ce qu'il faut voir."
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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 - 15:58    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

@Fonzie (Un rapport à le"Fonz" de Happy Days ?) :

Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris dans ton intervention mais merci néanmoins de l'avoir postée Smile

Cela fait plusieurs fois en effet que je croise des paraboles bouddhistes zen incluant l'élément scatologique. Je ne sais pas exactement le but d'une telle tendance mais j'ai néanmoins quelques "soupçons". Peut être est une façon de choquer, délibérément, d'user un langage grossier, de parler de choses irrévérencieuses dans le but de choquer et de faire réfléchir un peu comme les Koans qui cherchent à provoquer une sorte de "choc mental". Là ce serait plutôt un choc au niveau des conventions sociales. Pour attirer l'attention, capter l'attention et montrer que l'on peut appliquer le Dharma a tous les domaines de la vie y compris les plus indélicats en apparence.

J'ai vu cela aussi parfois dans les enseignements de Thích Nhất Hạnh. Pas plus tard qu'il y a deux jours, dans un de ses enseignements sur l'importance de chercher le bonheur dans l'instant présent, d'être ici et maintenant, il disait qu'il était important de chercher le bonheur et le contentement, l'attention sur l'ici et maintenant, non seulement en mangeant, en marchant, en faisant la vaisselle, mais aussi en urinant ou déféquant. A chaque instant. Cela fait partie d'une des dimensions de son enseignement d'inviter les pratiquants à rechercher la pleine conscience dans toutes les activités quotidienne, absolument toutes, même les plus simples ou prosaïques. Elles font partie de la vie après tout.

Peut être aussi est ce une invitation à relativisé nos goûts, nos répugnances, nos répulsions, après tout, une merde et une rose sont composées des mêmes atomes, et les lotus poussent depuis la vase et les roses poussent fort bien sur le fumier.

De plus, comment pourrions nous apprécier les odeurs que nous estimons agréables, comme le parfum des fleurs par exemple (pour ceux qui aiment) si il n'y avait pas en contrepartie des odeurs répulsives pour les mettre en valeur ? Comme celle des excréments ?


Si quelqu'un a des données précises sur les raisons la dimension parfois scatologique (a défaut d'être eschatologique - attention humour d'intello Smile ) des paraboles bouddhistes zen, il est le bienvenu Smile
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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 - 17:00    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Pire qu'un clown

(Même source que ci-dessus. Libre traduction de l'anglais au français).


Il y avait en Chine un jeune moine qui était un pratiquant très assidu du Dharma.

Un jour, ce moine tomba sur quelque chose qu'il ne comprit pas, il se rendit alors auprès de son maître pour le questionner.
Quand le maître eu entendu la question, il se mit à rire bruyamment. Puis le maître se mît debout et s'éloigna en riant toujours.

Le jeune moine fut très perturbé par la réaction du maître. Les 3 jours suivants, il ne fut pas en mesure de manger, de dormir ni de réfléchir correctement. Au bout des 3 jours, il retourna voir son maître et lui dit à quel point il se sentait troublé.

Quand le maître eut entendu cela il dit :

"Moine, savez-vous quel est votre problème ? VOTRE PROBLÈME C'EST QUE VOUS ETES PIRE QU'UN CLOWN !"

Le moine fut choqué d'entendre cela :

"Cher Vénérable, comment pouvez-vous dire une chose pareille ?! Comment puis-je être pire qu'un clown !?"

Le Maître expliqua alors :

"Un clown se réjouit de voir que les gens rient de lui. Vous ? Vous vous sentez troublé parce qu'une autre personne a rit de vous. Dites-moi, n'êtes vous pas pire qu'un clown ?"

Quand le moine entendit cela, il commença à rire. Il était illuminé !



On peut lui donner plusieurs interprétations je trouve.
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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 - 18:46    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Compagnon a écrit:

...

Si quelqu'un a des données précises sur les raisons la dimension parfois scatologique (a défaut d'être eschatologique - attention humour d'intello Smile ) des paraboles bouddhistes zen, il est le bienvenu Smile


Transcender les blocages dus aux "tabous et inconvenances" ... bordel !
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MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 - 18:58    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Dans le même esprit bien que d'une tradition religieuse différente, j'ai toujours beaucoup aimé la version "punchy" des Inconnus : Jésus II Le Retour !

"Vous allez vous aimer les uns les autres bordel de merde !"

"Maintenant ça va chier !"
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MessagePosté le: Mer 12 Oct 2016 - 09:32    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

Compagnon a écrit:

...

Si quelqu'un a des données précises sur les raisons la dimension parfois scatologique (a défaut d'être eschatologique - attention humour d'intello Smile ) des paraboles bouddhistes zen, il est le bienvenu Smile

Dans le Zen, ils font chier avec leurs histoires !
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MessagePosté le: Mer 12 Oct 2016 - 09:44    Sujet du message: Paraboles Zen Répondre en citant

@Ted : d'accord c'est donc une pratique à la fois spirituelle et thérapeutique (pour le corps), on soigne à la fois l'esprit et le corps. Malin. Très malin. ils sont forts ces maîtres zen, très fort...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 08:09    Sujet du message: Paraboles Zen

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