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GENJÔ KÔAN 現成 公案

 
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Jinzû
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MessagePosté le: Ven 30 Sep 2016 - 11:47    Sujet du message: GENJÔ KÔAN 現成 公案 Répondre en citant

Genjō Kōan
現成 公案


Dōgen Zenji

1. Lorsque tous les dharmas sont conformes au Dharma du Bouddha, il y a illusion et Éveil, pratique, naissance et mort, Bouddhas et êtres sensibles.
Lorsque les dix mille dharmas ne possèdent pas de soi, n’existent ni illusion, ni Éveil, ni Bouddhas, ni êtres vivants, ni naissance, ni extinction.
Comme, fondamentalement, la Voie du Bouddha transcende l’abondance et le manque, il y a naissance et mort, illusion et Éveil, être sensibles et bouddhas.
Même si nous le déplorons, les fleurs tombent et les mauvaises herbes poussent.

2. Aller au-devant des dix mille dharmas dans le dessein de les expérimenter et de les éveiller est illusion. C’est lorsque les dharmas nous poursuivent et nous pratiquent qu’il y a Éveil.
Ceux qui s’éveillent tout à fait de l’illusion sont les Bouddhas, ceux qui pour qui l’Éveil est illusion sont les êtres sensibles. En outre, certains obtiennent un Éveil supérieur à l’Éveil ; d’autres s’illusionnent au sujet de l’illusion.
Lorsque les Bouddhas sont authentiquement des Bouddhas, il est superflu pour eux d’en avoir conscience. Ce n’en sont pas moins des Bouddhas réalisés qui continuent à actualiser les Bouddhas.

3. De tout leur corps et de tout leur esprit en harmonie, ils saisissent directement formes et sons. Pour eux, ce ne sont plus des images au miroir ou le reflet de la lune dans l’eau. Quand un côté s’éclaire, l’autre reste dans l’ombre.

4. Étudier la Voie du Bouddha, c'est étudier soi-même; 
S'étudier soi-même, c'est s'oublier soi-même; 
S'oublier soi-même, c'est être reconnu et éveillé par tous les phénomènes; 

Être reconnu et éveillé par tous les phénomènes,
C'est abandonner son corps et son esprit,

Comme le corps et l'esprit de l'autre,
C'est voir disparaître toute trace d'Éveil 
Et faire naître l'incessant Éveil sans trace.

5. Dès que vous vous mettez en quête du Dharma, vous vous en éloignez. Mais, lorsqu'il vous est exactement transmis, vous êtes immédiatement l'homme originel.

6. Quand quelqu'un partant sur un bateau, regarde le rivage, il peut s'imaginer que c'est celui-ci qui bouge. Mais s'il fixe son regard sur le bateau, il s'aperçoit que c'est lui qui se meut. De même, si on examine les dix mille dharmas et qu'on les atteste avec un corps et un esprit confus, on se figure que son esprit et sa nature sont constants. Mais si, devenu intime avec la pratique, on fait retour sur soi-même, il apparaîtra clairement qu'aucun dharma ne possède de soi permanent.

7. Une fois réduite en cendres, la bûche ne peut redevenir bûche. Il ne faut pourtant pas considérer que la cendre est le futur de la bûche et la bûche son passé. Vous devez comprendre que, bien que la bûche se maintienne dans sa condition phénoménale de bûche avec son avant et son après, elle n'en transcende pas moins cet avant et cet après. De son côté, la cendre se maintient dans sa condition phénoménale de cendre avec son avant et son après. De même que la bûche, une fois réduite en cendres, ne peut redevenir bûche, de même les hommes, une fois morts, ne peuvent revenir à la vie. 

Ceci dit, c'est dans le Dharma du Bouddha de nier que la vie se transforme en mort. De ce fait, la naissance est conçue comme « non-naissance ». Que la mort ne devienne pas vie est mettre en mouvement la Roue du Dharma. C'est ce qu'on appelle la « non-extinction ». Vie et mort ne sont que des positions dans le temps comme l'hiver et le printemps. Vous n'appelez pas hiver l'origine du printemps, vous ne dites pas que le printemps devient l'été.

8. Lorsqu'un homme atteint l’Éveil, il en va comme de la lune qui se reflète dans l'eau. La lune n'est pas mouillée, l'eau n'est pas troublée.

La lumière infinie de la lune tient dans une goutte d'eau. La lune et le ciel tout entiers sont à l'aise dans une goutte de rosée sur un brin d'herbes.

Pas plus que la lune ne troue l'eau, l’Éveil ne divise pas l'homme. Celui-ci ne fait pas plus obstacle à l’Éveil qu'une goutte d'eau n'oppose de résistance à la lune ou au ciel. La profondeur est proportionnelle à la hauteur. Pour ce qui de la durée de la réflexion, il faut considérer l'étendue de la goutte et apprécier justement le caractère illimité de la clarté de la lune dans le ciel.

9. Quand le Dharma n'a pas encore pris toute la place dans le corps et l'esprit, on l'estime déjà suffisant. Mais, lorsque le Dharma a complètement rempli le corps et l'esprit, il parait manquer quelque chose.

C'est comme si, vous trouvant sur un bateau au milieu de l'océan, aucune terre n'étant en vue, vous regardiez dans les quatre directions. Vous ne verriez alors rien d'autre qu'une étendue circulaire. Or l'océan n'est ni rond, ni carré, ses vertus sont inépuisables. C'est comme un palais, un joyau. Cependant, pour le moment, aussi loin que vous regardiez, vous ne voyez qu'un cercle. Il en va ainsi avec les dix mille dharmas.

Bien que ce monde de poussière et l'univers par-delà notre perception revêtent de multiples aspects, vous ne voyez et comprenez que ce que perçoit l’œil de la pratique. Pour saisir la nature des dix milles phénomènes, il nous faut nous pénétrer du fait que, même s'ils peuvent nous paraître ronds ou carrés, océans et montagnes ont des propriétés infinies qui nous dépassent et qu'il existe des mondes dans les quatre directions. Il n'en est pas seulement ainsi autour de nous, mais en nous, sous nos pieds et dans la moindre goutte d'eau.

10. Le poisson nage dans l'eau, mais aussi loin qu'il nage, il y a toujours de l'eau. Un oiseau vole dans le ciel, aussi loin qu'il vole, le ciel n'a pas de fin. Cependant, l'oiseau et le poisson n'ont jamais quitté l'eau ou le ciel. Quand leur activité est vaste, leur champ est vaste. Quand leur activité est limitée, leur champ est limité. Aussi ont-ils tout ce qu'il leur faut pour exercer pleinement et librement leur activité en tout lieu. Pourtant, dès que le poisson quitte l'eau, ou l'oiseau le ciel, ils meurent.

Sachez que l'eau est vie, que le ciel est vie, que le poisson et l'oiseau sont vie. La vie peut être oiseau, la vie peut être poisson. Et l'on pourrait continuer indéfiniment dans ce sens. Il en va de même la pratique et de l’Éveil, de toute la vie du pratiquant.

11. Si un oiseau ou un poisson tentait d'atteindre la limite de l'élément où ils se meuvent, ils ne trouveraient aucune voie pour s'y rendre. Si vous trouvez que votre place là où vous êtes, vous actualisez le point fondamental (kōan). Si vous découvrez la Voie en cet instant même, vous actualisez le point fondamental. La place, la Voie ne sont ni larges, ni étroites, ni à vous, ni aux autres. La place, la Voie n'existaient pas auparavant, elles ne surgissent que maintenant.

Ainsi, dans la pratique-réalisation de la Voie du Bouddha, rencontrant un dharma, on le pénètre entièrement, rencontrant la pratique, on la met en œuvre complètement.

12. Ici est la place et la Voie est partout. Nous ne pouvons distinguer la limite de la réalisation, car la réalisation s'étend avec notre pénétration du Dharma du Bouddha.

Ne pensez pas qu'atteindre cette place puisse être objet de connaissance, être saisi par la conscience. Bien que la réalisation soit immédiatement manifeste, l'être intime ne se manifeste pas forcément. Sa manifestation dépasse notre entendement.

13. Le maître chan Baoche du mont Magu était en train de s'éventer, un moine s'approcha de lui et demanda : « Maître, la nature du vent est constante, il n'a pas de lieu qu'il n'atteigne. Pourquoi donc vous éventez-vous? »

Baoche répondit : « Bien que tu saches que la nature du vent est constante, tu ne sais pas encore ce que signifie « il n'est pas de lieu qu'il n'atteigne ».
- Que veut dire « il n'est pas de lieu qu'il n'atteigne » ? demanda le moine.

Pour toute réponse, le maître continua à s'éventer. Le moine se prosterna.

Telle est l'actualisation (genjō) du Dharma du Bouddha, le chemin vital de l'exacte transmission. Dire qu'il n'est pas besoin d'éventail, car la nature du vent est constante et que l'on sentira le vent même sans s'éventer, c'est se méprendre sur la constance du vent. C'est parce que la nature du vent est constante que le vent de la maison du Bouddha exhume l'or de la terre et parfume la crème des longues rivières.

Écrit à la mi-automne de la première année de Tempuku (1233) et donné au disciple laïc Koshu Yô de Shinzei. Révisé en la quatrième année de Kenchô (1252).

http://lerefletdelalune.blogspot.fr/2015/07/genjo-koan.html
Jacques Brosse dans « Polir la lune, labourer les nuages », Albin Michel/Spiritualités vivantes, Paris, 1998, pp. 91-98.

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@Michael Eido Luetchford

Genjo-koan – L'Univers rendu réel


Lorsqu'on considère le monde de façon subjective, on peut trouver des concepts comme être dans l'illusion ou être éveillé, on peut définir ce qu'est et ce que n'est pas la pratique bouddhique, on peut accorder de la valeur à la vie et à la mort, et on peut distinguer entre les bouddhas et les gens ordinaires. Mais quand on le considère objectivement, l'illusion et l'éveil sont introuvables (c-à-d., qu'ils ne sont que des concepts abstraits), les bouddhas et les gens ordinaires ont tous exactement la même apparence physique et la vie et la mort ne sont que des états de la matière. La vérité qu'a enseignée le Bouddha n'est pas contenue dans l'aire où nous analysons et discriminons, de sorte que la vie n'est que vivre et la mort n'est que mourir ; parfois nous sommes dans l'illusion et parfois nous y voyons clair, certains sont des bouddhas – éveillés à la réalité – et d'autres ne le sont pas. Et par-dessus tout cela, les choses sont juste comme elles sont, parfois comme nous le voulons et parfois pas.
Se mettre en frais de ne faire qu'un avec la réalité est illusion. La réalité qui fait de nous une part d'elle-même est éveil. Ceux qui se rendent compte de ce qu'est être dans l'illusion sont appelés des bouddhas et ceux qui sont dans l'illusion sur ce qui est réel sont appelés des gens ordinaires. Certains voient de plus en plus clair ce qu'est la réalité. Certains s'enfoncent de plus en plus dans l'illusion. Il n'est pas nécessaire d'avoir conscience d'être un bouddha. Nous sommes encore des bouddhas et nous continuons à faire l'expérience de l'état de bouddha, que nous le sachions ou pas.
Lorsque nous faisons l'expérience du monde devant nous de tout notre corps-et-esprit, notre expérience est directe ; elle n'est pas duelle, comme une image réfléchie dans un miroir, ou la lune réfléchie dans l'eau. Si nous n'en expérimentons qu'un côté, nous sommes incapables de remarquer l'autre côté.
La vérité qu'enseignait le Bouddha est de trouver qui « Je » suis. Trouver qui « je » suis en réalité, c'est oublier « je ». Oublier « je », c'est ne faire qu'un avec tout ce dont je fais l'expérience. Ne faire qu'un avec tout par expérience, c'est laisser tomber mon corps et mon esprit, et laisser tomber le corps et l'esprit du monde. Cet état d'être ne contient pas de trace d'éveil et cet état sans trace est sans fin.
Quand nous nous mettons pour la première fois en quête de ce qu'est la réalité, nous la recherchons ailleurs. Mais lorsqu'une personne qui fait l'expérience de la réalité nous enseigne à faire l'expérience de la réalité, cela est revenir à notre état naturel. Lorsqu'on voyage en bateau, si on considère la rive, on pourrait croire que celle-ci se déplace par rapport à nous. Mais si on garde les yeux fixés sur le bateau, on peut voir qu'en fait, c'est lui qui se déplace dans l'autre sens. De la même manière, lorsque nous tentons de comprendre le monde qui nous entoure à partir des postulats confus qui séparent le monde entre physique et mental, il nous est facile de croire que nous avons ce que nous appelons un esprit qui nous survivrait. Mais quand nous agissons, nous nous ramenons à cet endroit concret et il m'est alors évident que le monde ne tourne pas autour de moi. Le bois de chauffage devient cendre ; il ne peut pas redevenir bois de chauffage. Mais ceci ne veut pas dire que nous ne devions voir là qu'un processus dans lequel le bois de chauffage dans le passé devient cendre dans le futur. Rappelez-vous que le vrai bois de chauffage existe au présent. Il y avait du bois de chauffage et il y aura du bois de chauffage, mais le bois de chauffage passé et le bois de chauffage futur sont totalement différents du vrai bois de chauffage au présent. La vraie cendre existe elle-aussi seulement au présent, quoi que nous puissions nous rappeler de la cendre dans le passé et nous imaginer de la cendre dans l'avenir. De même que le bois de chauffage qui est devenu cendre ne peut pas redevenir bois de chauffage, lorsque les êtres humains meurent, ils ne peuvent revenir à la vie. C'est une tradition du Bouddhisme que de ne pas considérer la vie que comme un processus amenant à la mort. L'expression ni apparition renvoie à cette situation instantanée. Et le Bouddha nous a enseigné que lorsque nous mourons, nous ne revivons pas. L'expression ni disparition renvoie elle aussi au fait que la vie et la mort ont toutes deux lieu à l'instant présent. A partir de cette vue instantanée de l'Univers, on peut en dire autant de l'hiver et du printemps ; que l'hiver ne devient pas le printemps et que le printemps ne se transforme pas en été.
Lorsqu'une personne prend conscience de ce qu'est la réalité, rien ne change ; c'est comme un reflet de la lune dans l'eau : la lune ne se mouille pas et l'eau n'est pas troublée. Même un petite goutte d'eau ou de rosée sur un brin d'herbe peut réfléchir l'entièreté de l'image de la lune. Réaliser la vérité ne fait pas un pli dans la personne, de même que la lune ne trouble pas la surface de l'eau. La personne non plus ne trouble pas l'état de réalisation, de même que la goutte de rosée ne trouble pas la lune dont elle reflète l'image. La réalisation peut être aussi profonde qu'est haute la lune. Combien de temps dure-t-elle ? Il nous faut explorer ceci dans de nombreuses situations concrètes différentes ; sur de grandes et petites étendues d'eau et à travers des cieux et des lunes petits et vastes.
Lorsque nous sommes sûrs d'avoir compris la réalité, en fait nous en sommes bien loin. Lorsque nous faisons effectivement un avec la réalité, nous avons souvent l'impression que quelque chose manque. Par exemple, si on part en bateau loin de la terre ferme, lorsqu'on regarde autour de soi, l'océan nous donne l'impression d'être rond. Nous ne pouvons pas lui voir aucune autre forme. Mais l'océan n'est ni rond ni carré. Il a une inépuisable variété de caractéristiques et pour des espèces différentes, il doit présenter une image totalement différente. Mais à nos yeux, il a juste l'air rond, tout autour de nous. Il en va de même de toutes choses et phénomènes dans l'Univers. Il y a plusieurs façons de considérer les situations du point de vue d'une personne ordinaire, et du point de vue bouddhiste, mais nous ne voyons et comprenons qu'à partir de notre expérience. Si on veut savoir ce à quoi ressemble l'état des choses naturel sans interprétation, il faut se rappeler qu'elles ont d'infinies qualités à part d'avoir une forme particulière, eet que l'Univers s'étend dans toutes les directions. Et ceci est vrai non seulement des choses qui sont éloignées de nous, mais aussi d'une simple gouttelette et du présent ici et maintenant.
Nos vies quotidiennes sont un continuum sans fin d'actions, mais nous n'agissons pas dans un vide ; notre action a toujours lieu dans un contexte. L'action ne peut pas avoir lieu sans contexte, parce que le contexte apparaît toujours avec l'action. Action-et-contexte ne font qu'un tout indivisible. Nos actions ont parfois une grande étendue, et parfois une étendue limitée. Mais dans l'action, nous sommes à la fois limités par la situation concrète, et libres à l'instant présent ; nous sommes simultanément à la fois liés et libres. Si nous devions tenter de quitter le contexte de notre action, nous ne pourrions pas continuer à exister ; le contexte dans lequel nous agissons (l'être objectif) est notre vie, et en même temps, nous-mêmes (l'être subjectif) sommes notre vie.
Et nous pourrions aller plus loin dans notre description. Dans l'action, nous-mêmes et notre environnement ne faisons qu'un tout indivis de pratique-et-expérience. La vie est ainsi. Toute une vie est ainsi. Si nous voulions pleinement comprendre ce qu'est l'environnement avant d'agir, nous ne pourrions jamais agir, et nous ne pourrions jamais trouver notre chemin ou notre place. Mais en revenant à cet endroit, notre action rend l'Univers réel, et en trouvant ce chemin, notre action est toujours l'état du grand Univers rendu réel. Ce chemin et cette place ne peuvent se décrire en mots comme grand ou petit ; ils ne sont ni subjectifs ni objectifs, ils ne nous attendaient pas, et ils ne viennent pas d'apparaître ; ils ne sont que ce que nous avons devant nous ici et maintenant. Quand nous agissons, nous pénétrons ce que nous faisons, devenant complètement uns avec ; et l'accomplir une action de tout notre être, sincèrement, c'est rencontrer la réalité face à face. L'état réel de l'action est impossible à décrire complètement avec des mots, parce qu'une action se manifeste dans l'unité – unité du corps et de l'esprit, unité du sujet et de l'objet, et unité de l'acteur et de l'action. Par conséquent, même si l'action réelle a toujours lieu maintenant, il nous est impossible d'y réfléchir avant qu'elle n'ait eu lieu. Nous ne pouvons donc pas saisir avec notre esprit la totalité du mystère de l'existence. Le fait réel à l'instant présent n'a rien à voir avec une prise de conscience intellectuelle claire.

Le maître zen Hôtetsu s'évente. Un moine de passage lui demande : « L'air est tout autour de nous et atteint toute chose, pourquoi donc vous éventer ? »
Le maître répond : « Vous comprenez que l'air est quelque chose qui est partout, mais vous ne savez pas encore ce 'qu'atteindre toute chose' signifie réellement ».
Le moine dit : « Qu'est-ce que ça veut dire, alors, de dire que l'air arrive partout ? »
Le maître continue de s'éventer. Le moine se prosterne devant le maître.
Etre réellement clair à propos du réel, chose que l'on apprend de quelqu'un qui est clair à propos du réel, est un état dynamique, pas intellectuel. Celui qui dit que nous n'avons pas besoin d'un éventail parce que l'air est partout, ou que nous pouvons sentir l'air même sans utiliser un éventail, ne comprend pas comment l'air se comporte réellement. Comme l'ai est partout de par sa nature, le comportement des bouddhistes fait du monde un endroit splendide.
[Ecrit à la mi-automne de 1233 et présenté au disciple laïc Yo Koshu. Edité en 1252. Interprétation moderne complétée au dojo du Dogen Sangha Bristol en 2002]

@Michael Eido Luetchford
http://zen-et-nous.1fr1.net/t989-genjo-koan-bis-interpretation-moderne-d-un…


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MessagePosté le: Ven 30 Sep 2016 - 11:47    Sujet du message: Publicité

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